Karl Lagerfeld ne décolère pas. Epinglé dans Merci Karl !, une biographie alerte et drôle parue vendredi chez Calmann-Lévy, le couturier refuse d'être interviewé sur Arnaud Maillard, l'auteur de ce méfait. Ce styliste a travaillé pendant quinze ans dans l'ombre du Kaiser de la mode. C'est dire s'il a eu le temps de collectionner les anecdotes.
La mère de Karl ? Elle est décrite comme un bloc d'acier qui incite son fils à dessiner parce que « ça fera moins de bruit » que le piano. Ses amis ? Caroline de Monaco l'adore. Mais le couturier aurait resservi les saladiers de caviar qu'elle lui a offert aux dirigeants de H&M, pour les impressionner. Quant à l'équipe de Karl, elle dresse le jeune Arnaud à mentir... Et à se taire quand un dirigeant de la maison de couture se fait livrer dans un hôtel discret l'un des accessoires clés du défilé de 1993, une cravache noire siglée Lagerfeld.
De fil en aiguille, le portrait évoque un Lagerfeld manipulateur, qui distribue enveloppes et cadeaux comme autant de bons points à ses collaborateurs, tandis qu'il « oublie » de les rémunérer au moment de la collection H&M. Et plus dure sera la chute. Pressenti pour diriger une maison de couture concurrente, Maillard sera viré avant même d'avoir ouvert la bouche.