Nicolas Canteloup lors de la conférence de presse de rentrée d'Europe 1 à Paris, le 29 août 2011
Nicolas Canteloup lors de la conférence de presse de rentrée d'Europe 1 à Paris, le 29 août 2011 - DUPUY FLORENT/SIPA

J. C. avec AFP

Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a annoncé samedi à l'AFP avoir saisi jeudi le Conseil supérieur de l'audiovisuel après un sketch de l'humoriste Nicolas Canteloup sur Europe 1 «tournant en dérision les victimes du génocide au Rwanda».

Canteloup «en a rajouté une couche»

Dans ce sketch diffusé en direct mercredi, Nicolas Canteloup imitant l'animateur Julien Courbet s'adressait à un certain M. Hutu qui avait un «conflit de voisinage» avec M. Tutsi, lequel était quelque peu «contrarié»: «Vous avez découpé, macheté et carpaccioté sa famille, alors qu'apparemment il n'en avait pas exprimé le désir.»

Le Cran ajoute que, «loin de s'excuser», le «pseudo-humoriste» Nicolas Canteloup «en a rajouté une couche» deux jours plus tard en adressant au Cran «des excuses factices, car “c'est la nouvelle règle de l'humour en 2014: on fait une vanne et on doit s'excuser. Une vanne, une excuse, une vanne, une excuse, une vanne, une excuse”». Une délégation du Cran a rendez-vous le 14 février avec le président du CSA Olivier Schrameck.

Europe 1 défend l’humoriste

«La station soutient Nicolas Canteloup. C'est de l'humour, l'humour est subjectif et nous sommes à l'aise avec cela, a déclaré un porte-parole d'Europe 1, interrogé par l'AFP. Nous sommes désolés si cela a blessé le Cran, Denis Olivennes (PDG de la station) a d'ailleurs proposé un rendez-vous au président du Cran.»

«Nous sommes à l'aise, car par ailleurs nous avons aussi consacré du temps d'antenne pour dénoncer le génocide rwandais, notamment via un débat sur ce sujet animé par Nicolas Poincaré», a conclu le porte-parole d'Europe 1.

Le précédent Canal+

Le CSA avait adressé à la fin janvier une mise en demeure à Canal+ pour un sketch parodique sur le génocide au Rwanda datant de décembre 2013 lors de l’émission «Le grand débarquement», qui, selon lui, portait atteinte à la dignité des victimes, malgré son intention humoristique. A la fin décembre 2013, Canal+ avait dit «regretter» l'interprétation de ce sketch, qui avait beaucoup choqué et fait l'objet d'une pétition sur internet.

Un des personnages de ce sketch de Canal+ chantait «Maman est en haut, coupée en morceaux, Papa est en bas, il lui manque les bras», une «référence explicite, sur le mode de la dérision, à des corps de victimes décédées et de survivants mutilés», selon le CSA.