Certains ouvriers se font peu d'illusions quant à leur avenir professionnel chez PSA.
Certains ouvriers se font peu d'illusions quant à leur avenir professionnel chez PSA. - A. GELEBART / 20 MINUTES

Hélène Colau

C'était une rentrée morose, mardi, pour les 3 300 employés de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Après cinq semaines d'arrêt, ils ont retrouvé le site voué à la fermeture dès 2014. Une perspective que refusent les syndicats : ils ont tenté de réunir les salariés dès la première matinée de travail pour décider de la conduite à tenir.

Des salariés abattus
« On n'a pas pu tenir d'assemblée générale car il n'y avait pas assez de monde, déplore Mohamed Khenniche, délégué SUD. Les gens sont abattus et certains se font petits pour essayer d'obtenir un des postes promis à Poissy [la direction a assuré de reclasser 1 500 salariés sur ce site des Yvelines]. On va essayer de les réveiller. »
A l'heure de l'embauche, on sent en effet une certaine lassitude chez les ouvriers qui envahissent le parking. Les vacances n'ont pas été très reposantes. « Tout l'été, je me disais que j'allais perdre mon poste, raconte Amine, qui travaille là depuis douze ans. Ma femme est inquiète : elle n'a pas d'emploi. Elle se demande comment on va faire avec les enfants. » D'autres sont restés combatifs, comme Kévin. « Ils nous proposent des formations et quelques mois de salaire, mais c'est du foutage de gueule. Ils veulent mettre les gens à la rue. » Brahim est lui aussi très remonté. « Ma motivation n'a pas faibli pendant les vacances, au contraire. Je vis dans l'Oise, je ne peux pas envisager de partir à Poissy ! Je suis prêt à faire des trucs inimaginables pour sauver mon emploi. » Toute la journée, les réunions se sont enchaînées pour tenter de définir ces actions à mener. Les syndicalistes évoquent un arrêt total de la production, une action coup de poing le 9 octobre, en plein Mondial de l'automobile, et même une séquestration de la direction. Rien ne devrait cependant être décidé avant le 11 septembre, date de la présentation aux syndicats d'un rapport sur la situation financière du groupe PSA. Une assemblée générale des salariés est prévue juste après.