« Il est sur le point de vomir », alerte son avocat. Bruno Cholet, 55 ans, chemise claire et teint blafard, semble perdre connaissance dans le box, insensible aux petites tapes que lui adresse un policier. L'audience est suspendue. L'homme, qui était entré péniblement dans le box quelques minutes auparavant, comparaît aux assises de Paris pour l'assassinat de la jeune Suédoise de 19 ans Susanna Zetterberg. Il est soupçonné de l'avoir tuée après l'avoir fait monter dans son taxi clandestin le 19 avril 2008. La famille de l'étudiante à la Sorbonne, retrouvée menottée et brûlée en avril 2008 dans une forêt de Chantilly (Oise), est tout juste arrivée de Suède. Une interprète a été mise à leur disposition le temps du procès. « On espère que l'audience reprendra en sa présence, déclare Jean-Yves Le Borgne, l'avocat des parties civiles. La famille veut des explications. » Pendant l'instruction, Bruno Cholet était resté silencieux, refusant de répondre aux questions du juge. Pour ses avocats, ce malaise n'est pas une mise en scène. « Il veut vraiment s'expliquer », rétorque immédiatement Me Luc Ravaz. Le récidiviste a été examiné à deux reprises. Les médecins ont préconisé son hospitalisation à l'Hôtel-Dieu. Des examens complémentaires ont été réalisés dans l'après-midi. Il aurait ingéré avant l'audience des anxiolytiques, « contre le stress », précisent ses avocats. Reste à savoir si les médecins le laisseront reprendre le chemin du box ce mercredi matin. Auquel cas, aura-t-il toute sa tête pour répondre aux nombreuses questions restées sans réponses ?W. M.