Une rentrée qui déménage. Si les élèves reprennent le chemin des écoles à partir de mardi, leurs profs sont, eux, déjà sur le pied de guerre ce lundi, jour de leur rentrée officielle. Car parmi les 2 010 nouveaux enseignants dans le secondaire qui vont prendre leur premier poste dans les académies de Paris, Versailles et Créteil, ils sont nombreux à avoir quitté leur région pour emménager en Ile-de-France. Une période souvent compliquée pour ces nouveaux arrivants.
Le problème du logement
« Je suis stressée à l'idée de commencer lundi, confie Julie, jeune prof d'EPS à Stains (Seine-Saint-Denis). Je vais découvrir une nouvelle ville qui n'a rien à voir avec le village de Vendée où j'enseignais l'an passé et où je n'étais pas confrontée à des élèves difficiles. » Une acclimatation d'autant plus compliquée que les nouveaux arrivants laissent amis, familles et même parfois concubin derrière eux, à l'image de Laurent, originaire de Six-Fours dans le Var. « Quand j'ai été affecté à Aubervilliers, ma copine n'a pas pu me suivre car elle ne voulait pas lâcher son poste d'institutrice dans le Sud, raconte ce professeur de 34 ans qui a, depuis, réussi à être muté dans le Var. Du coup, pendant deux ans, je descendais tous les week-ends en train pour la voir. Ce n'était pas évident, surtout la deuxième année lorsqu'on a eu notre premier enfant. » Sans oublier que ces nouveaux arrivants doivent composer avec un marché locatif tendu – « je suis passée d'une maison de 88 m2 à 530 €/mois, à un appart de 40 m2 à 800 € », souffle Julie – et à des affectations parfois tardives. « Quand je suis arrivée de Toulouse en 2006, je n'avais pas de poste fixe, se rappelle Térésa, prof de français. Du coup, je ne savais pas où dans le Val-d'Oise j'allais atterrir, ce qui n'était pas évident pour chercher un appart. »
Si les nouveaux enseignants ont bénéficié d'un dispositif d'accueil académique depuis lundi dernier, ils peuvent aussi s'appuyer sur des sites Web tels que neoprof.com ou pepsteam.com dédié aux profs d'EPS.