Le preneur d'otage a été maîtrisé sans opposer de résistance mardi par les policiers du Raid.
Le preneur d'otage a été maîtrisé sans opposer de résistance mardi par les policiers du Raid.

William Molinié

Une opération propre et sans bavure. Mis en cause à plusieurs reprises récemment dans l'affaire Merah, le Raid, l'unité d'élite de la police nationale, est parvenu à maîtriser mardi vers midi un homme de 31 ans qui avait pris en otage un parent d'élève dans une maternelle de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), transformée cet été en centre de loisirs. L'homme n'était pas aussi déterminé qu'il semblait l'affirmer au négociateur du Raid plus tôt dans la matinée. « Il disait qu'il voulait mourir et être liquidé par la police », indiquait alors une source policière. Finalement, il a été interpellé sans opposer de résistance, une arme factice à la main gauche.

Face-à-face avec le Raid
Il était 7 h quand cet homme, inconnu des services de police et au casier judiciaire vierge, fait irruption dans l'établissement. « Un parent d'élève, qui amenait son fils, a vu que le forcené était armé. Il a réussi à détourner son attention. Pendant ce temps, les animateurs et les enfants ont pu sortir. Lui est resté », explique une source policière. Après quatre heures de travail des agents du Raid, l'otage, père de famille, parvient à être exfiltré par les services d'intervention. Peu avant midi, l'homme, vêtu d'un bonnet, d'une écharpe et d'une doudoune noire, sort dans la cour de la maternelle, « sans doute pour s'enfuir », avance une source policière. Il tombe nez à nez avec des effectifs du Raid qui pointent alors leurs armes sur lui, le sommant de se rendre. Surpris, l'homme fait demi-tour et lève les bras en l'air. Les policiers n'ont plus qu'à l'immobiliser, à l'aide d'un pistolet à impulsion électrique. « Quel sang-froid ! Heureusement qu'ils n'ont pas tiré pour l'abattre », réagit un habitant qui suit depuis son balcon la scène, au 8e étage d'un immeuble voisin. Placé en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire du Val-de-Marne, l'individu va devoir s'expliquer sur des faits de « séquestration et d'enlèvement ». « On ne connaît pas encore ses motivations », expliquait mardi après-midi une source judiciaire.