Les cagettes, cartons et plastiques s'entassent depuis une semaine.
Les cagettes, cartons et plastiques s'entassent depuis une semaine. - V. WARTNER / 20 MINUTES

Hélène Colau

Des monceaux de cartons, de cagettes en bois et d'emballages en plastique. Depuis pile une semaine, les ordures s'entassent dans les allées du marché international de Rungis (Val-de-Marne). Et pour cause : les salariés de la société Coved, qui assure une partie des services de propreté, sont en grève. Voilà qui fait tache au sein du plus grand marché de produits frais au monde.

Les salariés dénoncent

leurs conditions de travail
« On doit pousser des bacs de 800 kg, c'est-à-dire trois fois plus que les conteneurs que l'on voit dans Paris, explique Mohamed Rassif, délégué CGT. En cumulant toutes les palettes que l'on doit ramasser à la main, cela fait deux à trois tonnes par jour pour chaque équipe de deux. » Les salariés protestent aussi contre leur nouveau planning, qui ne leur assure plus deux jours de congés consécutifs dans la semaine. Malgré la résistance de la direction, lundi soir, ils ne comptaient pas céder. « Pour des raisons d'hygiène et de sécurité, on est en train de dégager les 100 tonnes de déchets qui bloquent la partie fruits et légumes, indiquaient lundi après-midi les représentants syndicaux. Cela soulagera un peu les acheteurs. »
Malgré le préjudice, la direction du marché de Rungis se garde bien d'intervenir. « Ce n'est qu'un de nos trois prestataires dans le domaine de la propreté, fait-elle savoir. Et comme il ne s'occupe que des emballages, il n'y a pas de risque sanitaire. Cette grève ne gêne ni le commerce, ni le nettoyage du marché. » Ce mardi après-midi, des salariés devaient se rendre au tribunal. La société Coved considère en effet cette grève comme illicite et dénonce une « entrave au travail » de la part des grévistes.