La conférencière a dévoilé les perles et masques du musée du quai Branly.
La conférencière a dévoilé les perles et masques du musée du quai Branly.

Oihana Gabriel

«On va aller voir les quatre continents, mais ça sera une traversée rapide », avertit Anne. Cette guide, conférencière du musée du quai Branly (7e) accueille avec le sourire une vingtaine de visiteurs très curieux. « On peut s'arrêter en Océanie ? » « En Côte d'Ivoire plutôt ! », propose Marie-Françoise, une femme en chaise roulante hébergée dans un centre Emmaüs. Lundi, pour la Journée des associations, le musée a ouvert ses portes à 700 personnes bénévoles ou aidées par des associations et des services pénitentiaires de réinsertion. Une visite guidée dans les collections permanente, un pique-nique, un concert de musique afro-caribéenne et deux invitations pour inciter ce public, pas toujours habitué aux musées, à revenir.
Le petit groupe guidé par Anne semble émerveillé par ce voyage dans le temps et dans le monde au travers de masques, costumes, peintures chrétiennes d'Ethiopie, boucliers, instruments de musique… « C'est une flûte ?  », tente un visiteur devant un objet de plus d'un mètre. « Non, un tambour », corrige Anne. « J'espère que les musiciens n'étaient pas itinérants », ironise Nicolas, un jeune « pensionnaire » du centre depuis que ses parents l'ont mis dehors quand il a révélé son homosexualité. « C'est la marmite d'Astérix », rigole Fatiah, présidente de l'association Francophonie et cultures partagées devant un impressionnant tambour de bronze. « Je ne serai pas venue de moi-même, mais j'adore, sourit Florence, une jeune femme aidée par Emmaüs. Ça donne envie de voyager. »
Pour la conférencière, cet échange s'avère enrichissant : « Cette femme baoulée m'a assuré que ce que je raconte correspond à son vécu. » « C'est émouvant de voir ces bijoux kabyles, avoue Hayat, une bénévole. Ma fille en portait des semblables pour son mariage. »