La rixe a eu lieu samedi matin tôt.
La rixe a eu lieu samedi matin tôt. - C. VOISIN/20 MINUTES

Claire Friedel

Un bouquet de fleurs roses légèrement défraîchies est accroché à la rambarde d'une fenêtre du rez-de-chaussée, en haut de la rue de Ménilmontant (20e). C'est ici, au niveau du n° 109, qu'un jeune homme de 19 ans a perdu la vie samedi. Vers 5 h 30 du matin, une dispute met aux prises deux groupes. D'un côté, plusieurs individus. De l'autre, deux hommes et une femme. Une rixe éclate en pleine rue, pour une raison encore indéterminée, peut-être une histoire de filles.

Un mort et un blessé
L'un des deux hommes du trio, le plus jeune, reçoit un coup mortel. Son ami, âgé d'une trentaine d'années, est lui aussi poignardé. Grièvement blessé, il est hospitalisé à la Pitié-Salpêtrière, selon Le Parisien. Son pronostic vital était toujours engagé dimanche soir, selon une source policière. La jeune femme, elle, est profondément choquée. Quant aux agresseurs, ils se sont enfuis et étaient encore dimanche soir activement recherchés par la police.
La dispute aurait débuté vendredi soir à la Bellevilloise, rue Boyer (20e) tout près, avant de se poursuivre dehors. Une mauvaise publicité dont le lieu culturel se serait bien passé. D'autant qu'il accueillait une soirée a priori bon enfant, Monsieur Poulet Party. « Les faits ne se sont pas passés chez nous », souligne Fabrice Martinez, directeur général de la Bellevilloise. « La police doit maintenant déterminer si ces gens étaient bien chez nous avant ou pas, et s'ils s'y sont rencontrés. » Fabrice Martinez insiste : « Ce n'est pas sûr du tout que ça ait démarré à la Bellevilloise. »
Les bars et autres lieux de nuit ne manquent pas dans les environs. Dimanche matin, une bouteille de vin vide, posée sur le rebord d'une fenêtre, témoignait des excès de la nuit. « Les gens crient, chantent. On entend tout », raconte une habitante du quartier. « Depuis un an et demi environ, il y a de plus en plus de rixes, de cris », ajoute un de ses voisins. Dès le jeudi soir, les fêtards perturbent le sommeil des riverains. « Ils sont tous excités. Ça devait bien arriver un jour », estime, fataliste, un habitant irrité par les débordements réguliers. L'une de ses voisines n'est pas du tout d'accord : « Qu'un gamin de cet âge meure comme ça, non, ça ne devait pas arriver. Ça ne devrait jamais arriver. »