La ministre Cécile Duflot.
La ministre Cécile Duflot. - REVELLI-BEAUMONT / SIPA

OIHANA GABRIEL

Des félicitations, mais beaucoup de crispation. La Société du Grand Paris (SGP), établissement qui pilote le projet de réseau de super-métro autour de la capitale, fêtait mardi une nouvelle étape : la désignation de Jacques Ferrier Architectures pour définir un « air de famille » aux 72 gares du futur réseau. Mais cette cérémonie était surtout l'occasion d'entendre Cécile Duflot (EELV), la ministre en charge du Grand Paris, s'exprimer pour la première fois sur cet épineux dossier.

La priorisation des chantiers
Le changement de majorité peut-il remettre en question la pérennité de la SGP, mise en place par Nicolas Sarkozy ou le Grand Paris Express dans son intégralité ? « Le projet est maintenu, mais nous allons débattre sur la priorisation des chantiers », garantit Duflot. La ministre en a profité pour tacler le projet originel de Sarkozy, qui souhaitait redessiner une métropole plus attractive autour de pôles de compétitivité. « Le Grand Paris n'aurait pas de sens s'il se construisait pour ses concurrents, plutôt que pour ses habitants. Le Grand Paris, ça ne pourra pas être Dubaï-sur-Seine », a-t-elle martelé. Un discours qui a déplu à Roger Karoutchi (UMP) : « Cécile Duflot et le gouvernement ont-ils décidé d'en finir avec le Grand Paris ? », demande le sénateur dans un communiqué. Si le projet a peu de chances d'être enterré, il sera remanié, et peut-être retardé. La ministre, qui ouvre une concertation avec les élus, reste vague sur le calendrier du réseau prévu pour 2025. « Tout ne pourra pas se faire tout de suite, ni en même temps. » Car le chantier titanesque coûterait 32 milliards d'euros : 20 pour la grande boucle et 12 pour l'amélioration du réseau existant. Or, c'est ce deuxième volet qui semble plus urgent, surtout dans les zones moins bien desservies.
Il est possible qu'une partie du budget prévu pour le Grand Paris Express échoit aux travaux des RER. Quant à l'avenir de la SGP (qui compterait près de 300 salariés), en charge de la majorité de la réalisation du réseau, la ministre s'est voulu rassurante, refusant un « big-bang institutionnel ». Mais il n'est pas exclu que le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) récupère une partie de la gouvernance.