L'accès à l'échafaudage du pilier ouest de la tour Eiffel était mal fermé, selon la police.
L'accès à l'échafaudage du pilier ouest de la tour Eiffel était mal fermé, selon la police. - J. JUNG / 20 MINUTES

William Molinié

Les suicides réussis depuis la tour Eiffel (7e) sont « relativement rares », assure la direction du monument, qui refuse de communiquer leur nombre. Le dernier en date remontait, selon elle, à deux ans. Mais c'était avant qu'un jeune homme d'une vingtaine d'années, originaire d'Israël et « très agile », d'après la police, ne décide de mettre fin à ses jours, dimanche soir vers minuit, en faisant un « saut de l'ange » depuis le 3e étage. Les pompiers du groupe de reconnaissance et d'intervention en milieu périlleux (Grimp) ont tenté de l'en dissuader après avoir pris contact avec lui. En vain. Quelques heures plus tard, lundi matin, une femme d'une trentaine d'années a, elle aussi, tenté d'en finir en escaladant le pilier ouest du monument. Cette fois, les secours sont parvenus à l'hélitreuiller. « Il semble qu'elle avait consommé de l'alcool et des médicaments », précise une source policière. « Psychologiquement fragile », elle a été admise à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police.

Des filets anti-suicides
Selon les éléments recueillis par les policiers, les deux individus sont parvenus à se hisser jusqu'à la structure métallique de la Dame de fer en passant par un échafaudage, pourtant fermé au public, situé contre le pilier ouest. « Il y a des grilles de protection, mais une des entrées est cassée », souligne une source policière qui précise que le cabinet du nouveau préfet de police, Michel Boucault, a demandé à la direction du monument de « régler ce problème ». Face à ces deux incidents survenus en l'espace de quelques heures, la direction de la tour Eiffel assure avoir déjà mis en œuvre « toute une batterie de mesures, comme un renforcement de grilles et de filets ». « Si on a peu de suicides, les intrusions sont très fréquentes sur le site. Nous menons régulièrement une réflexion pour améliorer la sécurité », commente simplement une porte-parole. En attendant la réparation de l'accès à l'échafaudage, il est prévu que les policiers patrouillent davantage autour du site.