Benjamin Lancar est en charge depuis quatre ans des Jeunes Pop de l'UMP.
Benjamin Lancar est en charge depuis quatre ans des Jeunes Pop de l'UMP. - A. GELEBART / 20 MINUTES

Anne-Laëtitia Béraud

Dans la 5e circonscription de Paris, qui rassemble les 3e et 10e arrondissements de la capitale, un jeune homme bat le pavé. Veste, chemise, sourire accroché aux lèvres, Benjamin Lancar est en campagne pour les législatives sous les couleurs de l'UMP. Le président des Jeunes Populaires, le mouvement des jeunes de l'UMP, est « engagé à fond, passionné, menant campagne de 8 h à 23 h tous les jours », détaille-t-il.
A 26 ans, le candidat UMP le plus jeune à Paris n'a rien d'un novice. Encarté depuis dix ans au parti, Benjamin Lancar préside les Jeunes Pop depuis 2008. « C'est un garçon très motivé, plus que la moyenne », dit de lui Fabien de Sans Nicolas, son prédécesseur aux Jeunes Pop. « Sarkoboy », l'étoile montante, est conseiller régional d'Ile-de-France depuis 2010 parallèlement à son poste de secrétaire national de l'UMP, chargé de la « nouvelle économie ».
A Paris, son défi est grand. Sa circonscription apparaît acquise à la gauche, François Hollande y ayant obtenu plus de 60 % des suffrages lors de la présidentielle le 6 mai dernier. Une candidature vouée à l'échec ? « Je refuse le renoncement, l'impuissance. C'est ce que m'a transmis Nicolas Sarkozy, que j'ai eu la chance de servir. » Avant de glisser qu'il a reçu le soutien, en quelques jours, des ténors, François Fillon, Alain Juppé et Jean-François Copé, prétendants plus ou moins affichés à la présidence de l'UMP. L'élève passé par HEC et Sciences-Po Paris n'est pas exempt de ratés, comme ce « lipdub » kitsch de militants et de ministres en 2009. Ou une récente sortie sur sa « surmotivation » : pour lui, rencontrer Nicolas Sarkozy équivaut à à l'effet d'« un rail de coke ». Benjamin Lancar parle de « maladresses ». Sur sa langue de bois presque légendaire, Fabien de Sans Nicolas explique : « La langue de bois est un refuge pour les jeunes militants, qui sont mis sous pression. » Si Paris se dérobe à lui le 17 juin, qu'en est-il de son futur ? Pour Fabien de Sans Nicolas, la jeune pousse a « le niveau intellectuel pour devenir un bon cadre du parti ». Benjamin Lancar indique vouloir « agir pour la reconquête de Paris en 2014, avant la grande échéance de 2017 ». Quant à la suite, il assure que rien n'est tracé : « Il serait orgueilleux et ennuyeux de penser que je vais faire de la politique toute ma vie. Je le fais tant que je reste passionné. Après, d'autres prendront le relais. »