Le spectacle à la pointe de l'épée

Culture Des cours sont dispensés à Paris pour apprendre à se battre comme Zorro ou d'Artagnan

Audrey Natalizi

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Les élèves s'entraînent à manier l'épée les mardis et jeudis.

Les élèves s'entraînent à manier l'épée les mardis et jeudis. — V. WARTNER/20 MINUTES

Qui n'a jamais rêvé de dévaler un escalier, l'épée à la main pour venir à bout de cinq assaillants ? Un rêve d'enfant qui prend forme à la salle d'armes de la Tour d'Auvergne dans le 9e. Des cours d'escrime de spectacle y sont proposés. Si les élèves sont le plus souvent comédiens, danseurs ou cascadeurs, l'enseignement est ouvert à tous et le matériel prêté sur place. A première vue, point de cape ni d'épée. L'équipement pour s'entraîner, c'est plutôt survêtement et chaussures de sport. Ce jour-là, six élèves se partagent l'espace de combat. Parmi eux, Estelle Breton, une comédienne. Venue sur les conseils d'un metteur en scène pour les besoins d'une pièce de théâtre, la jeune femme a finalement suivi les cours pendant plusieurs mois.

Avec de vraies lames
Après un long échauffement, les élèves enchaînent retraites et fentes. Même s'il s'agit de faux combats, il est impératif de connaître les bases de l'escrime. Au bout d'une heure, le maître d'armes François Rostain distribue enfin les rapières, des épées à longue lame. De quoi se prendre vraiment pour un mousquetaire. Attaque à la tête, parade, battements, changement de garde, chaque mouvement est soigneusement répété, au ralenti. La salle s'emplit du cliquetis des lames qui se croisent. Près des combattants, le maître d'armes veille. Depuis vingt ans, il dirige ce cours avec son alter ego Patrice Camboni. « Surprendre l'adversaire serait dramatique », précise François Rostain. Car les armes ne sont pas factices et donc potentiellement dangereuses. « Comme en danse, on mémorise une chorégraphie. » Dans le milieu théâtral, Rostain est une référence : enseignant au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, il travaille pour la Comédie-Française depuis 1986. C'est aussi lui qui a élaboré le duel final dans Les Liaisons dangereuses, mis en scène par John Malkovich au théâtre de l'Atelier. Sur scène ou dans les cours, l'objectif numéro un, c'est la sécurité. Il n'hésite pas à interrompre deux élèves pour une épée trop près du visage : « Au cinéma, avec les effets spéciaux, on peut se permettre de frôler l'adversaire. Pas au théâtre. »

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