Le 93, champion des agressions

Santé L'Observatoire pour la sécurité des médecins présente son bilan 2011

Hélène Colau

— 

La palme revient une fois encore à la Seine-Saint-Denis. Selon les chiffres de l'Observatoire pour la sécurité des médecins, rendus publics mardi, les praticiens du 93 ont déclaré 67 agressions en 2011, ce qui place le département largement en tête de ce triste classement. Paris, le Val-d'Oise, les Yvelines, les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne se classent respectivement 4e, 5e, 7e, 10e et 11e de France.

« Zones de non-droit aux soins »
Plus parlant encore, le taux de « victimation » : 1,77 % des médecins de Seine-Saint-Denis se sont fait agresser en 2011. « Cette violence est un facteur majeur de désertification médicale, s'indigne Michel Legmann, le président du Conseil national de l'ordre des médecins. L'apparition de zones de non-droit aux soins est intolérable. » Cette année encore, les professionnels les plus agressés sont les ophtalmologues (6 %). « Il faut plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous, donc les patients sont énervés, analyse Bernard Le Douarin, coordinateur de l'observatoire. Ce qui est nouveau, c'est la montée en puissance des agressions de gynécologues, souvent par l'accompagnant des patientes. » De plus en plus, c'est l'acte médical lui-même qui est à l'origine de l'incident : 70 % des agressions sont dues à des refus d'arrêt de travail, de prescription, une décision médicale contestée…
Les médecins se réjouissent tout de même de la mise en place d'un protocole national de sécurité, signé en avril 2011. Celui-ci a instauré un numéro d'urgence pour les médecins et un référent pour eux au sein des commissariats. « Ces dernières années, nous avons aussi réussi à faire revenir des femmes médecins vers les gardes en mettant en place des vigiles devant les maisons médicales, se réjouit le Dr Le Douarin. Mais on ne peut pas mettre un policier derrière chaque médecin… »

Géolocalisation

Un système de géolocalisation au moyen de balises de sécurité reliées au Samu est testé depuis un mois par quatre professionnels de santé du Val-de-Marne effectuant des gardes entre 22 h 30 et 8 h 30. Son efficacité sera bientôt évaluée.

Mots-clés :

Aucun mot-clé.