Souvenirs douloureux à Nanterre, dix ans après la tuerie du conseil municipal

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Publié le 27 mars 2012.

HOMMAGE - Il y a dix ans, Richard Durn faisait huit morts et dix-neuf blessés dans une terrible tuerie à l'issue du conseil municipal...

C'était il y a dix ans, mais pour les survivants, c'est comme si c'était hier. Ce mardi, une cérémonie (à 18h30 aux Terrasses de l'Arche) rendra hommage aux huit élus assassinés le 27 mars 2002, à l'issue du conseil municipal de Nanterre (Hauts-de-Seine). Une tragédie qui restera à jamais sans explication après le suicide du tireur, Richard Durn.

Le maire actuel de Nanterre, Patrick Jarry (Front de gauche), a choisi de rendre hommage à ses collègues disparus en inaugurant huit allées qui porteront leur nom. «Je suis soulagé d'avoir réussi à les inscrire dans l'espace public», explique le maire. La semaine dernière, le drame de Toulouse est venu replonger les témoins de la tuerie dans leurs terribles souvenirs. «J'ai vécu l'enfer ce soir-là, dit Patrick Jarry, lui-même touché quatre fois ce soir-là. Chaque fusillade, en Norvège cet été comme à Toulouse, nous replonge dans nos cauchemars. On connaît le bruit des balles et le sentiment d'impuissance. Depuis, je mange toujours en face d'une porte de sortie.»

«Je ne supporte plus les fillms violents ni les portes qui claquent»

Pour André Cassou, adjoint au maire de Nanterre chargé de l'habitat et de la sécurité, lui aussi blessé, la tuerie est encore terriblement proche. Richard Durn, qui se lève dans le public à la fin du conseil, criant: «Non, ce n'est pas terminé.» Les élus qui se cachent sous les bureaux et sont abattus les uns après les autres. «J'ai commencé une nouvelle vie le 28 mars 2002, raconte-t-il. J'ai fait un mois et demi d'hôpital, puis un an de thérapie. Même aujourd'hui, je ne supporte plus les films violents ni les portes qui claquent.» Mais comme la plupart de ses compagnons de malheur, il essaie de reprendre la vie la plus normale possible. «Nous avons renforcé la sécurité après le drame, on ne peut plus entrer sans passer sous un portique. Mais la mairie, c'est la maison du peuple, on doit pouvoir y entrer. »

Pour le maire aussi, «le conseil municipal a retrouvé une certaine sérénité.» Mais il arrive aux élus actuels, dont une vingtaine étaient présents en 2002, de voir la terreur les rattraper. «A la fin d'un récent conseil, un jeune homme avec un sac de sport est venu s'installer au premier rang. On a eu peur. »

Hélène Colau et Oihana Gabriel

Une minute de silence à 1h11

Le timing exact est respecté. La nuit dernière, un rassemblement était prévu devant la mairie de Nanterre pour une minute de silence à 1h11 précise, l'heure à laquelle Richard Durn a commencé à tirer sur les élus du conseil municipal. C'est le conseiller municipal de Nanterre, Pierre Creuzet (MoDem), qui a lancé cet appel au souvenir.

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