Au secours de la mémoire du cinéma

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Publié le 25 janvier 2012.

PATRIMOINE - Une jeune société parisienne va tenter de sauver 26.000 oeuvres en péril...

«Si personne ne reprenait le stock, les bobines auraient pu continuer à s'abîmer, certaines risquaient même d'être perdues pour toujours.» Denis et Caroline Garcia, Priscille Mahé et François Roland, jeunes entrepreneurs parisiens passionnés de cinéma, ne pouvaient se résoudre à voir le patrimoine cinématographique français et européen amputé des 26.000 œuvres conservées par le laboratoire LTC, mis en liquidation judiciaire mi-décembre.

Ils sont donc en train de monter dans le 20e arrondissement la société LTC Patrimoine afin de récupérer ce fonds de 2 millions de bobines. «Comme le patron de l'entrepôt où elles étaient stockées n'était pas payé, il a exercé son droit de rétention sur ces milliers de films», explique François Roland. La jeune société a dû investir 245.000 € pour les sauver. Le tout à l'aveuglette. «On ne sait pas vraiment ce qu'on va trouver dans les cartons. Bien sûr, on espère exhumer des trésors : des scènes coupées, des fins alternatives…» De la nature des films, les repreneurs ne savent pas grand-chose, mais ils pensent tomber sur quelques succès, notamment Le Professionnel.

Des années d'inventaire

Dès le mois de mars, une équipe d'une dizaine de personnes plongera dans les cartons afin de réaliser un inventaire complet, avec l'aide du Centre national du cinéma. «Ça va prendre des années, explique François Roland, le regard brillant. Il y aura certainement des bobines fichues à cause de l'humidité ou de la température. Il faudra les restaurer.» Commencera alors un travail de numérisation des films, dont certains datent des années 1930. Ils pourront ensuite être réexploités par des sociétés affiliées à LTC Patrimoine, sous forme de rééditions ou en vendant certaines scènes comme plans d'illustration pour des documentaires.

«La priorité est de conserver ce patrimoine exceptionnel, précise François Roland. La commercialisation aidera les ayants droit à financer le stockage. De nombreux films des années 1920 ou 1930 sont déjà perdus à cause de la fragilité des bobines, les numériser permettra de ne plus avoir à y toucher. »

Hélène Colau
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