Michel Giraud avait imposé le mot «Francilien»

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Publié le 27 octobre 2011.

POLITIQUE - Le premier président (RPR) de la région Ile-de-France est décédé cette nuit à l’âge de 82 ans...

Vive émotion chez les élus franciliens, qui ont perdu celui qui fut leur premier président et qui dirigea la région jusqu'en 1998. Il avait mené le combat pour la décentralisation et assisté à la création de la région Ile-de-France en 1976, dont il avait pris la tête sous la bannière RPR. Chiraquien de la première heure, il avait été élu maire du Perreux-sur-Marne en 1971, puis député du Val-de-Marne, et avait plaidé pour le rééquilibrage à l'Est de la région, en matière d'emploi comme de logement.  Un sujet toujours d'actualité. Il fut ensuite appelé au gouvernement Balladur en 1993 pour prendre le ministère du Travail.

Un bilan impressionnant et un homme «humain»

Le député (UMP) Gilles Carrez lui a succédé à la mairie du Perreux. Il parle d'un homme «exceptionnel, humain, enthousiaste, qui a marqué la construction du réseau de transport et la création des villes nouvelles».
Roger Karoutchi, élu UMP de la région, souligne aussi qu’on lui devait le terme «francilien», inventé vers 1983. «Il y avait eu une sorte de petit jeu entre les élus de la région pour trouver un nom à ses habitants. C'est lui qui l'a imposé», raconte t-il. Mais surtout, il se souvient de son attachement pour la région capitale. «L'Etat ne voulait pas d'une région ici, il s'est battu pendant des années et a obtenu gain de cause pour qu'elle soit créée. Il lui a consacré sa vie.»

Une fin de carrière ternie par les affaires

L’actuel président (PS) de région Jean-Paul Huchon, qui lui a succédé à la tête de l'Ile-de-France, a salué «un homme courageux, sensible et constamment soucieux de dialogue et de l’intérêt général». Il a aussi rappelé que son parcours avait été semé d’embûches. «Moralement lourdement affecté par des deuils familiaux cruels et des péripéties judiciaires dont il n’était certainement pas le principal responsable», selon Huchon. Une référence à la condamnation de Michel Giraud en 2005 dans l’affaire des marchés publics franciliens truqués, pour laquelle il avait écopé de quatre ans de prison avec sursis et de 80 000 € d’amende pour complicité de corruption. «Ca l'a beaucoup affecté de voir son mandat terni ainsi à la fin. Il m'a dit "Roger, sur ma vie, je n'ai jamais touché un centime"», confie Roger Karoutchi. Il avait ensuite quitté le paysage politique, «accepté de tourner la page» préférant se consacrer à une fondation sur l’insertion des jeunes, et à sa retraite dans sa propriété de l’Essonne. De parole d'élus, on ne le voyait plus guère au conseil régional depuis dix ans. Gilles Carrez avait diné avec lui cet été, et l'avait trouvé «fatigué, il avait eu une pneumonie et des problèmes cardiaques».  Ses obsèques devraient avoir lieu lundi ou mercredi prochain.

Magali Gruet
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