La maison des Babayagas aura mis 17 ans à sortir de terre. Thérèse Clerc, militante féministe, pense depuis 1995 à créé cette « maison citoyenne, solidaire et écologique, autogérée par des femmes âgées ». Le concept de ce lieu de vie dont la première pierre va être posée samedi à Montreuil (Seine-Saint-Denis), est l'autogestion des résidentes dans un esprit de compagnonnage solidaire.
« ça a été très compliqué de recueillir les autorisations administratives », reconnaît Jean-Paul Bléry, directeur de l'Office public habitat de Montreuil. « Les critères d'attribution de ces logements sociaux ont posé problème », poursuit-il. En effet, seules des femmes, membre de l'association des Babayagas (les sorcières des contes russes) et adhérant à ce projet de vie partagée peuvent espérer ces logements. Concrètement, ces femmes vont décider de vieillir ensemble dans l'entraide. « La question de la dépendance et de la mort devra se poser. Elles commencent déjà à y réfléchir ensemble », précise Dominique Voynet, la maire verte de Montreuil. La maison, située rue de la Convention pourra accueillir 21 personnes âgées, ainsi que quatre logements pour jeunes. Le rez-de-chaussée sera ouvert sur la ville, avec la création d'une Université des savoirs des vieux (Unisavi). Le bâtiment devrait être inauguré avant la fin 2012. « Il reste encore quelques places pour accueillir de nouvelles Babayagas », chuchote Thérèse Clerc.
William Molinié