Avec ses 250 000 locataires, le bailleur social Paris Habitat, c'est presque une ville dans la ville. Il lance aujourd'hui son propre réseau social, De toit à toit*. Une première en Europe. « Lors de nos enquêtes de satisfaction, on a remarqué une nostalgie de la tradition d'entraide dans le logement social, qui s'est perdue », se souvient Pierre-René Lemas, directeur général de Paris Habitat. Telle une place du village 2.0, De toit à toit aspire à devenir le lieu où l'on propose de menus services, placarde un avis de recherche pour un chat perdu, lance une invitation à la fête du quartier… « Des associations de différents quartiers peuvent même se coordonner pour monter une bourse aux livres ou une exposition », suggère Pierre-René Lemas.

Echanges de petits services
Le réseau est testé depuis plus de deux mois dans le 19e. Pour l'instant, environ 600 personnes sont inscrites. Un nombre que le bailleur espère voir exploser avec l'ouverture à tous ses locataires, dont les trois quarts disposent d'un accès à Internet. Eliane Baudon fait partie des premiers utilisateurs. « Pour l'instant, j'ai remarqué que les gens échangeaient surtout des services, par exemple des cours d'informatique contre du repassage, raconte-t-elle. Moi, je connais tout le monde dans ma résidence, mais pas au-delà. Alors que ça ne me dérangerait pas d'aider des familles qui vivent un peu plus loin, en allant chercher leurs enfants à l'école. Le seul point négatif, c'est que certaines personnes peuvent craindre pour leur vie privée. » Qu'ils se rassurent : seuls les prénoms figurent sur De toit à toit et ses utilisateurs bénéficient d'un vrai droit à l'oubli, dès qu'ils décident de quitter de réseau. En outre, Paris Habitat s'engage à ne faire aucun usage commercial des données personnelles. Sa seule ambition : donner des idées aux autres offices HLM. « Le Val-de-Marne est déjà intéressé, confie Pierre-René Lemas. Bientôt, ce genre de réseau social sera banal. »

Précédents

Plusieurs réseaux sociaux locaux existent déjà en France, mais ils concernent le parc privé. A Paris, Peuplade a été créé en 2003 dans le 17e avant de s'étendre à toute la ville. Toulouse a été l'une des premières collectivités territoriales à avoir développé un réseau sur son site Internet. A Rennes, La Ruche est animée par une association. Enfin, ma-residence.fr, qui couvre de nombreuses villes, est géré par une société privée.

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