«Le contrat signé par l'ex-majorité est d'une bêtise absolue»

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Publié le 23 mars 2006.

Interview d'Yves Contassot, adjoint au maire (Verts) chargé de l'environnement

Yves Contassot, adjoint au maire (Verts) chargé de l'Environnement.

Une entrée à 25 euros pour un aquarium grand public, vous en pensez quoi ?

C'est inacceptable. Entre 1988 et 2001, on a promis un bel aquarium aux Parisiens. Aujourd'hui il arrive, et ils ne pourront pas en profiter. Les Parisiens se sont fait avoir.

Quand avez-vous été averti ?

Il y a quinze jours, lors d'une visite de chantier. La direction de l'aquarium estime que c'est un prix normal, compte tenu du prix d'entrée pratiqué dans des centres de loisirs comme le Parc Astérix ou Eurodisney.

Et vous n'avez plus aucun moyen de la faire revenir en arrière ?

Juridiquement non. C'est une société privée, qui se fait son plan de retour sur investissement. Elle mise sans doute sur un engouement très fort au départ, et une lente décrue de la fréquentation. Donc je suppose qu'elle espère engranger un maximum d'argent le plus vite possible. Je pense aussi qu'elle compte attirer une partie des six millions de touristes qui visitent la tour Eiffel. Mais c'est une hérésie.

N'auriez-vous pas dû arrêter les travaux lors du premier jugement du tribunal administratif en 2004 ?

Et que se serait-il passé ? Le contrat qui a été signé en 1999 par l'ancienne majorité est d'une bêtise absolue, et ne garantit absolument pas la Ville au plan financier. Nous étions contraints de payer des indemnités si le contrat était rompu. On a essayé de négocier, pour limiter la casse si le chantier s'arrêtait. Mais on n'a pas obtenu tout ce qu'on voulait. La Ville continuait donc à prendre des risques importants en cas d'arrêt du chantier, même en 2004. De plus, il y avait des procédures, un appel en cours. On ne pouvait pas se précipiter et tout arrêter d'un coup.

Les termes du contrat restaient-ils valables même après la décision du tribunal qui dénonçait des irrégularités autour de l'attribution de ce marché ?

Oui, car même si le tribunal administratif dit que la délibération n'est pas valable, le contrat dépend du juge des contrats. Il a donc fallu attendre sa décision, qui n'est tombée qu'en 2005, où il nous a demandé de rompre le contrat. Là, les travaux étaient avancés à 80%.

Mais pourquoi proposer un bail emphytéotique, qui va vous empêcher d'exercer toute contrainte sur la Scat, et ne pas poursuivre une délégation de service public ?

Mais on n'avait pas le choix ! Le chantier n'étant pas achevé, on ne pouvait pas repasser par une délégation de service public. Juridiquement, c'est impossible. En plus, nous avions connaissance des offres des sociétés pour le premier concours, il n'y avait donc plus de garantie d'anonymat, à moins d'interdire à ces sociétés de participer. Un nouveau concours aurait donc de toute façon été cassé. Enfin, je rappelle que recommencer un concours, c'est environ trois ans de délai.

Recueilli par M. B.

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