Honoraires démesurés, manque de transparence, documents exigés interdits… L'association de consommateurs UFC-Que Choisir Ile-de-France épingle dans une enquête publiée vendredi les pratiques des agences immobilières franciliennes en matière de location. Du 12 mars au 2 avril dernier, les bénévoles de l'association se sont fait passer pour des clients dans 166 agences de la région.
Exigences illégales
Premier constat, l'affichage en vitrine du diagnostic de performance énergétique (DPE), obligatoire depuis le 1er janvier, n'est pas systématique. « Seules 74 % des agences le font », constate Eric Guerquin, président d'UFC-Que Choisir Ile-de-France. L'enquête souligne surtout « la quête excessive de garanties de la part des agences ». Dans 83 % des cas, les agents immobiliers ont demandé des documents qui ne sont pas obligatoires pour la constitution du dossier, tels qu'une attestation du précédent bailleur, une copie du relevé de compte ou une autorisation de prélèvement automatique. Le document le plus demandé est une attestation de l'employeur. « C'est illégal dès lors que le locataire fournit un contrat de travail et les derniers bulletins de salaires », rappelle Eric Guerquin.
Une pratique poussée par les assureurs en loyers impayés. « Ils réclament ce document aux propriétaires car c'est la seule façon de prouver que le locataire n'est pas en cours de licenciement », précise un agent immobilier à Chatou (Yvelines). Les honoraires des agences sont-ils trop élevés ? « Au regard du service rendu, c'est certain », répond Eric Guerquin. En moyenne, ils s'élèvent à 1,1 mois du loyer hors charges. Dans certains cas, les enquêteurs ont même constaté que l'état des lieux était facturé au locataire, ce qui est illégal.
L'UFC-Que Choisir veut avancer des propositions aux élus franciliens pour les élections de 2012, comme celle d'imputer les honoraires des agences à la seule charge des bailleurs et de créer un fonds dans lequel seront versés les dépôts de garantie pour la collectivité.