La fourrière, un cimetière pour vélos

Les vélos jugés gênants peuvent être enlevés. 1 578 l'ont été à Paris l'an dernier, contre 1 135 en 2004

©2006 20 minutes

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Ne pas retrouver son vélo là où on l'a laissé ne veut pas forcément dire qu'il a été volé. La majorité des cyclistes l'ignore : les vélos jugés gênants peuvent être enlevés. 1 578 l'ont été à Paris l'an dernier, contre 1 135 en 2004. Vigipirate expliquerait en partie cette hausse. Si une partie des vélos enlevés sont en fait abandonnés, il n'empêche que seulement 33 personnes ont récupéré leur bicyclette en 2005.

Devant sa boutique de vélos dans le 5e, Anne-Marie observe régulièrement la police emporter la dizaine de bicyclettes attachées aux grilles de la bouche de métro ou aux croix de Saint-André (celles qui empêchent les voitures de monter sur le trottoir). « Qu'ils laissent un message », suggère-t-elle. Car c'est souvent par chance ou par hasard, en discutant avec un commerçant que les cyclistes devinent ce qui s'est passé. Le vélo est conservé au commissariat une dizaine de jours, avant de partir à la fourrière de Bonneuil-sur-Marne (94). « Les frais d'enlèvement et de garde sont gratuits, seul le PV (35 n) est à la charge du contrevenant », indique la préfecture. Encore faut-il prouver que le vélo vous appartient. Alarmée par la hausse des enlèvements, l'association Mieux se déplacer à bicyclette (MDB) estime que « vu le déficit de places de stationnement réservées, il est anormal que les vélos soient enlevés, et s'ils le sont, il faudrait au moins un macaron pour prévenir les propriétaires », plaide Pierre Toulouse, son président.

Sophie Caillat

En vertu de l'article R417-10 du Code de la route, peuvent être considérés comme gênants tous les vélos stationnés sur les trottoirs. Le code ne fait pas de différence entre les vélos et les autres véhicules.

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