Carmen, qui a créé sa société de conseil en gestion, n'a pas envoyé de chèque, sentant la supercherie.
Carmen, qui a créé sa société de conseil en gestion, n'a pas envoyé de chèque, sentant la supercherie. - V. WARTNER / 20 MINUTES

William Molinié

Près d'une nouvelle entreprise créée sur quatre aurait été abordée par ce genre d'organismes mal intentionnés. Des sociétés privées tentent d'escroquer les gérants récemment immatriculés au registre du commerce en se faisant passer pour des organismes institutionnels. Elles leur demandent de payer des frais de publicité ou d'inscription à des fichiers. Depuis quelques jours, le greffe du tribunal de commerce de Paris met en garde sur son site Internet : « Le règlement de ces sommes réclamées […] n'a aucun caractère obligatoire ». Sur le Web, les forums grouillent d'alertes. Car l'escroquerie est efficace. Après s'être enregistrés au greffe, les nouveaux entrepreneurs reçoivent des courriers. « Ce sont des lettres à en-tête qui se présentent comme des factures. Ils ont l'air officiels. On a vraiment l'impression qu'il faut les payer rapidement », explique Virginie, qui a envoyé un chèque de plus de 200 € en mars dernier, tout juste après la création de son entreprise. « Ils jouent sur la rapidité en envoyant les courriers bien avant l'administration. Alors les auto-entrepreneurs, perdus dans la paperasse, se font avoir », explique-t-on chez Lex Consulting, une société de conseil aux entreprises. « Les sommes réclamées sont faibles, 200, 300 €. Du coup, les gérants paient mais ne font pas de poursuites », ajoute Carmen qui n'a pas donné suite, sentant la supercherie. Contactées, ni la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), ni la police n'ont pu apporter de précisions sur l'existence de plaintes. Sans doute parce que juridiquement, les lettres pourraient s'avérer légales. Car la plupart sont assorties d'une mention, écrite en bas ou au verso dans une police à peine lisible : « Souscription non obligatoire ». Qui est à la tête de ces sociétés douteuses ? Difficile d'y voir clair car certaines sont domiciliées à l'étranger et leurs numéros de téléphone tombent souvent sur des répondeurs. Nous avons tenté toutefois de rentrer en contact avec l'une d'entre elles, située au 4e étage d'un immeuble de la rue Saint-Lazare (9e). Le gérant n'a pas été vu dans les locaux depuis un mois. Certains clients mécontents s'y présentent régulièrement, d'après des occupants de l'immeuble. En quelques mois à peine, cette société au chiffre d'affaires en 2010 de 442 860 € a déménagé deux fois.