Dans les couloirs de l'hôpital, Mustapha Bouaziz, représentant SUD-santé, interpelle ses collègues : « Allez, faut venir à l'AG. ça suffit pas de râler. Faut s'organiser. » La réponse des agents varie peu : « Pas le temps » ; « Pas aujourd'hui » ; « Trop de boulot ». Depuis le 6 février, le personnel de nuit est en grève. Mais le personnel de jour ne suit pas. Résultat, à 14 heures, dans la salle des fêtes de l'hôpital Avicenne de Bobigny, le plus grand établissement de Seine-Saint-Denis, l'ambiance est à la déprime.
Pour les grévistes présents, c'est la raison même du mouvement social, le sous-effectif, qui expliquerait le peu de mobilisation. « On est assignés, avec un service minimum à effectuer, explique un infirmier. Or on est tellement peu nombreux qu'on ne peut même pas se libérer pour une AG. On n'a déjà pas le temps de déjeuner. » Hier, contrairement aux prévisions, les grévistes n'ont pas bloqué le tramway ni distribué de tracts. Les revendications feraient pourtant l'unanimité à l'hôpital. « En 1998, après une grève de 72 jours, on avait identifié qu'il manquait 400 postes. 100 seulement ont été créés, et depuis de nouveaux manques sont apparus, explique Mustapha Bouaziz. Le personnel est en souffrance, ne peut pas prendre ses jours de repos. La direction a recours à des intérimaires, des précaires (134 CDD) et une dizaine de postes d'infirmiers sont vacants dans l'équipe de suppléance. » Pour l'instant, la direction s'est contentée de promettre l'embauche d'infirmières au printemps. M. H.