Franglish, l'anglais en s'amusant

Société Des soirées pour progresser en langues autour d'un verre, dans une ambiance festive

Hélène Colau

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Un dictionnaire bilingue, du papier et des crayons sont prévus pour aider les participants.

Un dictionnaire bilingue, du papier et des crayons sont prévus pour aider les participants. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

«Difficile de s'intégrer dans un pays dont on ne parle pas la langue. On reste toujours un expat. » Steven et Nicolas, deux jeunes Parisiens marqués par leur expérience en Erasmus, ont donc pris la décision de rapprocher la communauté anglophone de Paris des autochtones. C'est ainsi qu'est né le concept Franglish*, il y a à peu près six mois.

Moitié anglais,

moitié français
Ce mardi soir, c'est dans un bar du 4e arrondissement que ça se passe. Une trentaine de personnes se pressent dans la cave voûtée de l'établissement. Les habitués vont s'installer pendant qu'une hôtesse briefe les nouveaux venus. Les participants se retrouvent à deux ou trois autour d'une table, anglophones et francophones mélangés. C'est parti pour un quart d'heure de conversation, moitié en français, moitié en anglais. Doreen, une Américaine de 39 ans, est venue vivre à Paris pour suivre son fiancé. « Je voudrais parler mieux et je ne connais pas beaucoup de Français, soupire-t-elle. Ici, c'est très sympa et professionnel à la fois. » En face d'elle, Pierre, Parisien de 57 ans, souhaite se perfectionner car il doit donner des conférences en anglais. « En cours, on ne s'entraîne qu'entre Français. Là, on ne fait que parler toute la soirée. En plus, on rencontre des gens sympas. » C'est vrai que l'ambiance est chaleureuse, on se demande presque comment de parfaits inconnus peuvent être aussi à l'aise ensemble. Les conversations tournent autour des voyages, des loisirs, de la vie parisienne. Sur les tables, un dictionnaire bilingue joue les aide-mémoire. Des carnets et crayons permettent de tricher un peu, en écrivant les mots difficiles ou en dessinant. Au signal, on se salue et on change de table, histoire de multiplier les rencontres. Qui se prolongent parfois à l'extérieur. « Il y a un noyau dur de personnes qui viennent régulièrement, explique Mathieu, 26 ans. C'est agréable, j'en ai déjà revu quelques-uns. »

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