Des pollutions franciliennes surtout dues au trafic et au chauffage.
Des pollutions franciliennes surtout dues au trafic et au chauffage.

Oihana Gabriel

Des études en cours mais peu de solutions efficaces. Le bilan 2010 d'Airparif, réseau de surveillance de la qualité de l'air francilien, présenté hier, prouve que l'atmosphère de la capitale reste plutôt mauvaise. « Contrairement à nos espoirs, les choses s'améliorent, mais pas assez vite », résume le président d'Airparif, Jean-François Saglio.

Pollution stable mais élevée
Des chiffres globalement stables l'année dernière mais toujours au-dessus des normes européennes. En tout cas pour trois polluants majeurs très dépendants de la météo : le dioxyde d'azote, les particules fines et l'ozone. Les mesures de dioxyde d'azote dévoilent que ce gaz est deux fois supérieur aux normes européennes et touche 9 Parisiens sur 10. Pour les particules fines, la directive européenne autorise 35 jours de dépassement des 50 microgrammes /m3. A Saint-Denis (93), sur l'autoroute A1, il y a eu 176 jours de dépassement en 2010. Les sites les plus exposés restent Paris et les axes routiers. Malgré ces chiffres inquiétants, 2011 restera une année de test et d'études. Pour renforcer cette vigilance, Airparif va ouvrir cette année une nouvelle station de mesure à Opéra. Et devrait rendre en septembre les résultats de son examen des diverses origines de la pollution aux particules (diesel, chauffage au bois, industrie, agriculture). Pour limiter et restreindre les émissions, Paris et la Plaine Commune (93) pourraient créer en 2012 une Zone d'action Prioritaire pour l'air (ZAPA), ces périmètres où les voitures les plus polluantes sont interdites. Airparif plaide pour que la zone soit la plus vaste possible. Mais rappelle que cette solution, adoptée à Berlin, a diminué l'émission de particules fines de quelques microgrammes par an seulement. Un dispositif insuffisant alors que l'Europe menace d'imposer une amende à la France pour non-respect de la réglementation sur cette pollution cancérigène.

attention piège

Certaines consignes sont parfois contre-productives. Ainsi, les filtres à particule installés sur les nouveaux véhicules diesel font augmenter le rejet de dioxyde d'azote. D'autres mesures pourraient aussi peser sur le réchauffement climatique.