Aux Etats-Unis, le phénomène a pris une telle ampleur que Vogue lui consacre une édition spéciale. En France, il a débarqué il y a un an. Manier le fil et l'aiguille est devenu branché. A tel point qu'à Paris, les ateliers couture fleurissent.
Ne pas ressembler
à tout le monde
En vrai dandy des temps modernes, Bastien de Almeida a été l'un des premiers à surfer sur cette tendance. Dans sa boutique du 17e, un dressing vintage très glamour et fashion, ce passionné a lancé il y a un an ces ateliers d'un nouveau genre. En trois séances de 2 h 30, le débutant peut repartir avec sa première création originale. « Les gens ont envie de sortir des chaînes pour ne pas ressembler à tout le monde et affirmer leur personnalité, explique Bastien de Almeida. C'est pourquoi le do it yourself marche si bien. »
Le succès a été fulgurant. Avec quatre créneaux 6 jours sur 7 (50 € la session), le concept store ne désemplit plus. « Il faut s'y prendre au moins trois jours à l'avance pour réserver un cours en semaine, et presque 10 pour réserver un week-end », confirme Amandine Viguier, formatrice passée par les maisons Chanel et Christian Lacroix.
Autre lieu, autre concept. Chez Sweat Shop, dans le quartier du canal Saint-Martin, le cybercafé a été revisité en café couture. Les ordinateurs ont laissé place à une douzaine de machines à coudre en libre-service (6 € l'heure, 25 € la journée). Dans une ambiance cosy et intimiste, l'apprenti couturier peut laisser libre cours à son inspiration. « Les gens ont besoin de souffler et cherchent à renouer avec l'esprit des grands-mères, en totale rupture avec le dictat de la génération fast-food. Et ça marche très fort ! » raconte la cofondatrice, Martina Duss. Si fort que le lieu est devenu trop exigu pour faire face à la demande. Sweat Shop pourrait donc bientôt faire des petits. Martina Duss espère ouvrir trois nouvelles boutiques sur Paris d'ici trois ans, et même, « franchiser le concept à l'étranger ».