Assis au beau milieu des 5.000m2 du hall 8, Alain Gutton a attendu toute la journée de mardi les recruteurs. Ce demandeur d'emploi de 44 ans organisait son propre salon de recrutement au Parc des expositions de la porte de Versailles (15e). Un coup de force original pour se faire connaître des employeurs.
Un salon à lui tout seul, des affiches avec son visage en grand visibles depuis le périphérique, cet ancien directeur marketing autobaptisé «super-candidat» reconnaît le «côté mégalo» de la démarche. «Evidemment, c'est culotté. Peut-être trop. Mais pourquoi ne pas inverser le paradigme de l'emploi? Le recrutement est devenu quelque chose qui laisse peu de place à la dimension humaine. Un CV, ce n'est pas qu'un parcours, c'est aussi un caractère», raconte Alain.
Un seul entretien dans la journée
Ce quadragénaire s'est retrouvé au chômage en juin dernier, après son licenciement économique d'une petite entreprise de communication. «Si j'étais un recruteur, je serais très curieux de voir qui se cache derrière ce super-candidat», poursuit-il.
Mais mardi, le coup de pub a surtout fonctionné auprès des journalistes, venus en masse. Seul un employeur d'une PME s'est déplacé, en toute fin de journée. Pour un entretien pas très convaincant.
Un peu plus tôt, un chef d'entreprise qui avait reçu Alain en entretien pour un poste il y a quelques mois était venu l'encourager. «Mon refus n'est pas définitif. Je voulais le revoir car j'ai été séduit par son charisme», confie le dirigeant. «J'ai reçu beaucoup de mails via le site que j'ai créé*. J'espère voir des résultats concrets dans les jours prochains», positive Alain. Ce dernier estime qu'il a déjà tout gagné. «L'opération que j'ai montée, c'est une expérience professionnelle extraordinaire.»
Une opération qui aurait coûté 70.000€
Les coûts du salon et de la campagne de communication ont entièrement été pris en charge par les partenaires qu'Alain Gutton a démarchés. Des amis et des connaissances professionnelles pour la plupart. «Si j'avais dû tout payer de ma poche, j'en aurais eu pour 70.000€», estime Alain. «Le plus cher a été le champagne qu'on a acheté pour le pot à la fin de la journée, avec tous ceux qui l'ont aidé», confie un de ses proches.