« Si une femme mérite une baffe, c'est normal de lui donner. » Cette phrase reflète bien la tonalité du documentaire La cité du mâle, diffusé ce soir à 22 h 20, sur Arte. Tourné à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), il prend pour point de départ la mort de Sohane, brûlée vive dans un local à poubelle en 2002. L'occasion d'un questionnement sur la place des femmes dans les cités, et la violence dont elles sont victimes. « J'ai initié ce projet car je m'attendais à peu près à ce résultat-là », explique Daniel Leconte, le producteur.
Des propos emprunts de violence
Pendant 50 minutes, face caméra, des jeunes gens témoignent. A quelques exceptions près, ils partagent tous la même vision des femmes. C'est de la violence qui ressort surtout de leurs propos. L'un d'eux, interrogé sur le meurtrier de Sohane, lance « il a fait une erreur, c'est rien ». « J'ai constaté que le nombre de femmes battues avait augmenté et je me suis dit qu'il fallait alerter l'opinion », continue Daniel Leconte. Surprenant également, le discours des jeunes filles, qui se révèle proche de celui des garçons. « Pour elles, c'est une façon de survivre dans cet univers-là », poursuit-il. « J'espère que le documentaire fera réfléchir les gens, qu'ils seront horrifiés par ce qu'ils vont voir », conclut le producteur.