Devant la Rhumerie du boulevard Saint-Germain, la foule de fans a du mal à tenir sur le trottoir. « Ils attendent Madonna ? », demande un badaud. La réponse est un peu moins glamour : Jacques Chirac faisait partie, hier, des 10 auteurs politiques invités pour la 5e édition de la manifestation « Un livre, un Café » organisée par la mairie du 6e. Le concept : dans chaque café, un politique qui dédicace ses œuvres.
L'ancienne ministre du Logement, Christine Boutin, s'installe dans un bistrot proche de celui où officie l'ancien président de la République, dans l'indifférence quasi générale. Son objectif : faire connaître le Parti chrétien-démocrate après la vente de son livre à tout juste 6 000 exemplaires. « Enfin, si les curieux passent me voir après mon voisin… »
Jacques Chirac très applaudi
Le voisin, justement, arrive sous les applaudissements. « Il a bonne mine », chuchote une vieille dame. « Parce que vous arrivez à le voir ? », s'énerve son voisin. Jean-Luc, arrivé en avance, a pu avoir un petit mot : « bien cordialement ». « C'est gentil, ça… », se félicite-t-il. Il file : il aimerait aussi voir l'ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Vedrine, aux Deux Magots et Lionel Jospin chez Lipp. Sous une antique plaque vantant le jambon d'York, l'ancien Premier ministre gère lui aussi l'affluence. « Je suis passé longtemps devant Lipp sans avoir les moyens d'y entrer », raconte-t-il à un étudiant qui a amené quatre ouvrages de prose jospinienne. Jean Lassalle, député (MoDem) des Pyrénées-Atlantiques, ironise : « Jospin et Chirac, ce sont des stakhanovistes. Nous autres, nous donnons dans l'artisanat de la dédicace. Mais c'est bien aussi d'avoir le temps de parler de ce qu'on a écrit ! »