Balayée la crise. La chambre des notaires Paris-Ile-de-France a présenté hier la conjoncture immobilière au 1er trimestre 2010. Conclusion : le volume des ventes, qui s'était écroulé de plus de 40 % en 2009, a retrouvé son niveau de 2008. Et les prix des appartements anciens repart à la hausse, de 2,5 % en moyenne (voir graphique). Ce n'est qu'un début, puisque les notaires envisagent à Paris « une augmentation annuelle à deux chiffres » dès la fin du 2e semestre.
Les vendeurs en position de force
Le baromètre MeilleursAgents.com annonce d'ailleurs des prix en hausse de 12 % à Paris au début du 2e trimestre par rapport à la même période de 2009. Une reprise exceptionnelle, puisque sur l'ensemble du territoire, les prix ont encore baissé de 1,2 % en trois mois, d'après le dernier baromètre de la Fédération des agences immobilières (Fnaim). « Le manque relatif de biens favorise les vendeurs, qui en profitent pour pousser les prix », analyse Sébastien de Lafond, président de MeilleursAgents.com. Les acheteurs ont pu le constater. Natacha cherchait un deux-pièces en Seine-Saint-Denis. « Les agents n'avaient rien à me proposer, se souvient-elle. Après avoir visité des taudis pendant trois mois, j'ai laissé tomber. » La pénurie fait en revanche le bonheur des vendeurs. Marc a cédé son appartement du 3e arrondissement en une semaine seulement. « Il s'est vendu au prix, alors qu'il était au 5e sans ascenseur », se réjouit-il. Sophie, elle, après avoir enchaîné plus de 80 visites en trois jours, a vendu son appartement du 10e 7 % au-dessus du prix affiché. « Tout concourt à l'envolée des prix, mais attention, les bulles aussi s'envolent avant d'éclater », conclut Sébastien de Lafond.
« C'est un paradoxe, assure Christian Lefebvre, président de la chambre des notaires. L'économie plonge, les revenus aussi, seul l'immobilier résiste. » La baisse des prix en 2008-2009 combinée à des taux d'intérêt historiquement bas a redonné aux ménages du pouvoir d'achat. « Les prix à la location sont tellement élevés qu'acheter ne demande pas beaucoup plus d'efforts, reprend Christian Lefebvre. En outre, le nombre de biens en vente dans la région est structurellement insuffisant. » Les personnes ayant différé leur acte d'achat au plus fort de la crise se précipitent donc et les appartements sans défaut se vendent comme des petits pains. En résumé : négocier les prix est devenu quasi impossible, c'est donc le moment de vendre. « C'est plus facile que de trouver un locataire ! »