Quand Suez boit la tasse, Veolia a de quoi lever son verre. Le président du syndicat des eaux d'Ile-de-France (Sedif), André Santini, n'a pas attendu le vote des élus, prévu initialement le 24 juin prochain, pour départager les deux concurrents. Dans un courrier reçu la semaine dernière, Suez a été écarté de la course au plus juteux contrat de délégation de service publique d'Europe, d'un montant de 3 à 4 milliards d'euros sur dix à douze ans. Veolia devrait donc continuer, seul, d'assurer la distribution de l'eau dans les 144 communes du Sedif. Une exclusivité que la société détient depuis 1923.
L'eau plus chère au Sedif qu'à Paris
« Nous attendons de voir sur quels critères cette décision a été prise », lâche-t-on amèrement chez Suez. Silence radio du côté de Veolia, qui laisse le soin à André Santini, par ailleurs député-maire d'Issy-les-Moulineaux, de préciser les détails de la future offre. Bon nombre d'observateurs ne s'étonnent pas du choix du Sedif, qui a rappelé, hier, avoir respecté les étapes de la mise en concurrence. « Tout a été fait pour que Veolia soit choisi. Il détient le marché depuis longtemps », analyse Eric Querquin, président de l'UFC Que Choisir Ile-de-France. L'année dernière, il a évalué à 80 millions d'euros le montant des « surfacturations injustifiées » chaque année de la société. Résultat, un prix de l'eau à la sortie du robinet élevé (voir infographie). L'objectif de l'appel d'offres était justement de le faire baisser. « La mise en concurrence aura eu, au moins, ce mérite. Mais Veolia continuera de se goinfrer », lâche Philippe Kaltenbach, maire (PS) de Clamart (Hauts-de-Seine). Reste à connaître l'économie réelle que le consommateur fera à la fin de l'année.