Le 16e surveille la délinquance

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Publié le 19 avril 2010.

SECURITE - Le porte-parole de l'Intérieur a été nommé conseiller à la sécurité...

C'est l'assassinat de Malik, en février dernier, lors d'une rixe près de la porte de Saint-Cloud, qui aurait décidé la mairie du 16e arrondissement à passer la vitesse supérieure. La mort de cet adolescent de 17 ans, poignardé à coups de couteau, avait mobilisé dans la rue 500 habitants du quartier, réputé être l'un des plus paisibles de la capitale. Claude Goasguen, député-maire UMP du 16e, vient de nommer Gérard Gachet au poste de conseiller délégué à la sécurité. Cet ancien journaliste du Figaro, aujourd'hui porte-parole du ministère de l'Intérieur, aura pour mission d'étudier l'évolution de la délinquance dans l'arrondissement et de proposer des mesures adaptées.

«Pas plus de violence qu'ailleurs»

La nomination du délégué à la sécurité est passée quasi inaperçue dans le quartier, apaisé. Dimanche, les terrasses étaient combles sur la place de la Porte-de-Saint-Cloud. «Regardez, c'est pas comme si c'était la zone ici. Il n'y a pas plus de délinquance qu'ailleurs», corrige une vendeuse de la place.

Tout en sirotant un demi, Serge, la cinquantaine, trouve tout de même que le quartier a changé. «On se fait souvent emmerder en fin de journée», soupire-t-il. Quelques tables plus loin, devant un fast-food, Anthony livre son analyse, cigarette au bec. «C'est pas vrai, la délinquance n'a pas augmenté. J'ai toujours vécu ici, il n'y a pas de bandes rivales.» Il assure connaître les dessous de l'assassinat du jeune Malik: il ne s'agirait pas d'un règlement de comptes entre jeunes, affirme-t-il, mais «d'une histoire perso au sujet d'une nana. Faut arrêter avec cette psychose.»

Drogue à la sortie des lycées

Une source policière évoque l'existence de «lieux spontanés» de deals autour des grands lycées de l'arrondissement. Ce qui provoquerait des «tensions» entre les jeunes. «Les vendeurs savent où est la richesse pour refourguer leur cannabis», confie ce policier. Olivier, 18 ans, s'est fait «racketter» son téléphone portable avenue Henri-Martin, au début de l'année. «A l'origine, c'était une histoire de regards. Ils ont trouvé un prétexte pour m'aborder et m'arracher mon mobile», confie-t-il. Il avoue finalement qu'il se sent «plus en sécurité dans le 16e qu'à la sortie de métro Châtelet».

William Molinié
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