«Tu fais des rêves kokin?» Cet internaute connecté hier sur un forum de mineurs, ne le sait pas encore, mais il a fait une avance à un cyber-gendarme infiltré. Caché derrière le pseudonyme d'une jeune fille de 13 ans, l'officier de la division de lutte contre la cybercriminalité (DLC) tente de démasquer le profil de ce garçon de 16 ans. «Vu comme il écrit, il est plus âgé, c'est certain. Peut-être majeur», avance-t-il. Au fort de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), des cyber-patrouilles infiltrent les réseaux pour tenter de repérer les pédopornographes du Web.
Jusqu'à 10 % d'agresseurs d'enfants
Depuis l'arrêté du 30 mars 2009, le service technique de recherches judiciaires et de documentation peut créer des faux profils sur les forums et enregistrer les discussions. «On n'a pas le droit d'inciter. L'infraction est constatée quand il demande un rendez-vous», explique un gendarme.
En un an, une douzaine de dossiers ont été transmis à la justice. Au terme parfois d'un mois de discussions sur les forums, jour et nuit. A ses côtés, un autre gendarme tente de repérer les échanges de fichiers pornographiques sur les réseaux d'échanges peer to peer. En tapant «pédo» dans son logiciel, il constate qu'un individu est en train de partager 226 fichiers contenant ce mot-clé.
L'enquête déterminera si le titulaire de la ligne correspond bien au «collectionneur» de ces images. Depuis 2006, 1.800 dossiers ont été expédiés aux procureurs de la République. «Entre 7 et 10% des collectionneurs se révêlent être des agresseurs d'enfants», constate le lieutenant-colonel. La détention et diffusion sur le Web d'images pédopornographiques est passible de sept ans d'emprisonnement.