Paris ne faisait que 2 km2, mais son influence était en train de dépasser les frontières. L'exposition « Paris, ville rayonnante »* montre comment l'explosion démographique et politique de la ville au XIIIe siècle s'est traduite dans son architecture. « Le style gothique rayonnant a été inventé à cette époque, explique Claire Séguret, du musée de Cluny. Il tire son nom de ses roses en forme de rayons, comme celle qui orne la façade de Notre-Dame. »
Têtes de pierre géantes
C'est justement sur la cathédrale que sont apparus les premiers éléments rayonnants. Une évolution possible grâce aux progrès de l'architecture : avec l'invention des contreforts, de la surface s'est libérée pour le décor. Dès l'entrée de l'exposition, d'énormes têtes de pierre intriguent. Il s'agit en fait d'éléments originaux des « minuscules » statues visibles sur la façade de Notre-Dame. Car si le gothique rayonnant est parfois qualifié de « dentelle de pierre », vu de près, les délicates guirlandes sculptées prennent des dimensions impressionnantes.
Parmi les statues religieuses et les chapiteaux, feuillages et fleurs sont omniprésents. « Au XIIIe siècle, les penseurs reprenaient la pensée d'Aristote, pour qui la création divine est partout. En représentant la nature, on avait en quelque sorte accès à Dieu », précise Claire Séguret. Ces enchevêtrements végétaux se retrouvent également sous forme d'enluminures ou sur de petits reliquaires et triptyques, aisément transportables. C'est grâce à ces objets que le style rayonnant s'est diffusé à travers l'Europe, inspirant des joyaux architecturaux tels que la cathédrale de Prague.
Pour continuer la visite au grand air, le musée propose une « balade dans le Paris du XIIIe siècle ». Ce parcours, qui passe par la Sainte-Chapelle (1er), le collège des Bernardins (5e) ou encore l'église Saint-Germain-des-Prés (6e), permet de retrouver dans la ville des traces du style rayonnant. Sur présentation d'un billet du musée de Cluny, des réductions seront proposées pour la visite de plusieurs monuments.