Valérie Pécresse, la candidate UMP aux régionales en Ile-de-France, avait promis il y a quelques jours qu'elle ferait de nouvelles propositions sur les transports pour booster sa fin de campagne. Elle ne mentait pas. Son projet d'un « système alerte agression par SMS dans les transports », permettant aux voyageurs témoins d'une agression de prévenir directement le service régional de la police des transports, n'est pas passé inaperçu. L'idée s'adresse aux voyageurs qui « n'ont aucun moyen de prévenir rapidement et discrètement la police ». Les SMS étant toujours identifiables, « il n'y aura pas de dérive », assure la candidate. Le PS a mis du temps à réagir « pour analyser la pertinence de la proposition ». Verdict rendu hier soir : « C'est une fausse bonne idée. Vu les effectifs de police, c'est inapplicable. On n'est pas dans un film où l'on enverrait un SMS et hop, une patrouille surgit immédiatement ! »Du côté des policiers, les avis sont partagés. Philippe Laborderie, correspondant Ile-de-France du Syndicat national des officiers de police (Snop), estime que « sous le coup de l'émotion, ce n'est pas évident de rédiger un SMS. Le mieux, c'est d'intervenir. Même s'il est vrai que ce n'est pas toujours facile. » « C'est une proposition intéressante », se réjouit au contraire le syndicat Synergie officiers (dont le secrétaire général est tête de liste UMP en Seine-Saint-Denis). Cela ne prend-il pas trop de temps de rédiger un SMS? « Non, répond le secrétaire général adjoint, Patrice Ribeiro. Une agression s'inscrit dans la durée avec une escalade progressive. Et même si la police intervient après l'agression, elle pourra interpeller ainsi plus rapidement l'auteur. »