Dans les staffs de campagne, tout le monde le sait... mais préfère rester discret sur le sujet: de nombreuses têtes de liste départementales aux régionales, bien que certaines d'être élues, ne siégeront pas au conseil régional. En cause principalement: les règles sur le cumul des mandats. Contactés par 20 Minutes, aucun des intéressés ne s'est d'ailleurs engagé à abandonner un autre mandat pour avoir le droit de siéger dans l'hémicycle régional.
L'UMP est le parti le plus concerné avec trois têtes de liste sur huit, auxquelles il faudrait ajouter Nathalie Kosciusko-Morizet (Essonne) le jour où elle quitterait le gouvernement et redeviendrait députée. Yves Jégo (Seine-et-Marne) «n'abandonnera pas son mandat de maire mais n'exclut rien», confie son entourage. Axel Poniatowski (Val-d'Oise) indique qu'il se «décidera à l'issue des résultats». Selon quels critères? «Ce n'est pas le sujet.» Quant à André Santini (Hauts-de-Seine), il a refusé de répondre. Mais, selon des sources UMP, aucun ne serait prêt à lâcher son ancrage de député-maire en cas de défaite.
Une politique de « casting »
A l'UMP, on assume ce positionnement: «Ce sont des locomotives dans leur département. Il est logique qu'ils fassent leur choix après les résultats.» «C'est grave de se présenter sans avoir envie de siéger. Ce n'est que du pur casting», tempête le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, tête de liste de Debout la République, lui aussi député-maire. Et donc inéligible à la région s'il n'abandonne pas l'un de ses mandats. «J'attends déjà d'avoir mes 10% pour être élu...», reconnaît-il avec lucidité.
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La gauche n'est pas en reste. Au sein du Front de gauche, Marie-George Buffet (Seine-Saint-Denis) est dans le même cas. Elle n'a pas souhaité répondre à nos questions. Quant à Christian Favier (Val-de-Marne), s'il n'est pas légalement concerné par le cumul des mandats, «il ne siègera vraisemblablement pas», indique une source interne. Il y a six ans déjà, ces deux têtes de la liste d'union de la gauche avaient refusé de siéger après le second tour des régionales.
«Le Front de gauche méprise ses électeurs, c'est intolérable», fulmine Jean-Vincent Placé, directeur de la campagne d'Europe Ecologie. Pourtant, sur ses listes, Stéphane Gatignon (Seine-Saint-Denis) cumule également. «Il faudra qu'il démissionne de son poste de conseiller général», prévient Jean-Vincent Placé.
Contacté par 20 Minutes, Stéphane Gatignon a pourtant refusé de prendre cet engagement. «Ça dépendra du résultat final de l'élection.» Quant au PS, il se félicite de ne pas avoir de tête de liste cumularde. Mais sait qu'il faudra composer avec au second tour. «Nous n'avons pas encore travaillé cette question. C'est une vraie question.»