«L'optimisation des cultures et la passion du métier.» Deux notions chères à Christophe de Rycke, un agriculteur de 42 ans, à Luisetaines (Seine-et-Marne), qui a fait le choix d'une culture mécanisée et intensive. L'aventure agricole de l'exploitant débute en 1990, lorsqu'il reprend l'affaire de ses parents. Une surface de grandes cultures (céréales, colza et betteraves) de 120 hectares. Vingt ans après, Christophe de Rycke poursuit son activité avec la même conviction. L'œil vif et le geste précis, il procède ce jour-là à un prélèvement du sol sur son champ. «On plante la petite carotte à 90 cm de profondeur. L'échantillon de terre récolté est ensuite envoyé en laboratoire pour analyse», explique-t-il, casquette vissée sur la tête.
Des revenus en chute libre
Dans la maison qui jouxte son exploitation, Christophe de Rycke a aménagé un petit bureau dans lequel s'entassent des études sur les produits phytosanitaires, des magazines spécialisés et autres documentations. «Après deux belles années de production, les cours du blé se sont effondrés en 2009. Si la situation perdure sur le long terme, beaucoup d'entre nous finiront par mettre la clé sous la porte», déplore l'agriculteur, qui affirme ne plus dégager aucun bénéfice de son activité.
Mais là où une partie de ses confrères s'est tournée vers la distribution directe et ses petits volumes, le quadragénaire milite sans relâche pour le marché de gros. «La réponse à nos maux n'est pas dans la culture bio, mais dans l'optimisation de nos ressources grâce aux nouvelles technologies», explique celui qui est aussi secrétaire général de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) de Seine-et-Marne.
Nocivité
Un réservoir d'azote liquide dernier cri, une plate-forme de chargement en construction ou un récupérateur d'eau en projet: les installations de l'exploitant poussent encore plus vite que ses plantations. Quant à la nocivité des pesticides et autres engrais chimiques dont il prône l'utilisation, Christophe de Rycke élude la question. «Il y a des produits d'usage courant bien plus dangereux pour la santé des consommateurs», assure-t-il en manipulant ses bidons de phytosanitaires à mains nues.
L'agriculteur conventionnel martèle que la production en gros n'est pas un frein au respect de l'environnement. Une vision qu'il défendra à l'occasion du Salon de l'agriculture, qui débute samedi au Parc des expositions de la Porte de Versailles (15e). «Je discuterai avec le public de l'avenir des exploitations agricoles de la région.»