L'année dernière, les pompiers de Paris se sont déplacés 90.500 fois pour… presque rien! Soit une intervention sur quatre. D'après la préfecture de police, les Parisiens utilisent de manière «abusive» les numéros d'appels d'urgence. Dès lundi, neuf cents panneaux publicitaires de la capitale seront habillés de messages comme ceux inscrits sur les paquets de cigarettes: «Abuser des numéros d'urgence nuit gravement à ceux qui en ont besoin!»
La première campagne, en novembre 2008, avait eu de bons résultats. «On a assisté à une baisse de 10% des appels abusifs. Mais après trois mois, c'était reparti», a expliqué jeudi, Michel Gaudin, préfet de police.
Un cafard dans la chambre
Le Samu (15), police secours (17) et les pompiers (18) sont tous concernés par la recrudescence de ces appels. Mais plus particulièrement les soldats du feu, qui arrivent à saturation. «Il faut faire la différence entre l'urgence et la permanence des soins. Nous avons peur d'être appelés pour de la bobologie et de rater une véritable détresse vitale», s'inquiète le général Joël Prieur, commandant des sapeurs-pompiers de Paris.
«Mercredi soir, une dame nous a sollicités car il y avait un cafard dans la chambre de sa fille.» Parfois, ce n'est pas aussi caricatural. Et derrière le mal de ventre peut se cacher une vraie urgence. «Alors on envoie une équipe, dans le doute», précise le lieutenant-colonel Le Roux.
Rompre la solitude
Si la pédagogie ne fonctionne pas, l'état-major des pompiers n'exclut pas de passer à un autre échelon. Comme en adressant à l'usager une «fausse-vraie facture».
A police secours, quand l'appel est malveillant et intentionnel, le ton monte plus rapidement. Au mois de novembre dernier, une procédure judiciaire a été ouverte contre un individu qui a passé à 177 reprises des appels «incohérents». «Parfois, c'est aussi pour rompre la solitude. Ils ont besoin de parler à quelqu'un», reconnaît Alain Gardère, directeur de la police d'agglomération.
- Le Samu (15): pour obtenir l'intervention d'une équipe médicale lors d'une détresse vitale ou être dirigé vers un organisme de permanence des soins (SOS Médecins…).
- Police secours (17): pour signaler une infraction qui nécessite l'intervention immédiate de la police (violences, agressions, vols…).
- Les pompiers (18): pour signaler une situation de péril vital (incendie, fuite de gaz, brûlures, électrocution, accident de la route…).