C'est officiel. L'ancienne garde des Sceaux, et actuelle maire du 7e, est avocate. Elle a prêté serment mercredi au Palais de Justice de Paris. «Rachida Dati fait sa prestation en même temps que mon fils? Alors, ça, ça lui fera de beaux souvenirs à raconter!», s'amuse Gabrielle.
Mais la surprise passée, tension est vite montée sur l'île de la Cité. Car le mini-événement, repoussé à deux reprises, avait attiré la presse, au grand dam des familles des autres jeunes diplômés. «Nous, on est là pour notre fille, s'agace une dame. Laissez-nous tranquille!» Au milieu de la foule amassée dans le couloir, elle se retourne: un défilé de soixante-dix robes noires, toutes neuves, rejoint solennellement la salle. Seule manque à l'appel l'aspirante Dati, entrée par une porte dérobée.
«Je le jure»
Dans l'entonnoir formé devant la porte, journalistes, familles et proches des jeunes diplômés jouent des coudes pour passer à leur tour. Sans succès pour bon nombre de photographes et de caméramans. A l'intérieur, malgré l'agitation, le moment est solennel. «Jurez-vous de vous conduire en tout comme un digne et loyal magistrat?», demande le président de la cour.
Les accédants au statut de magistrat se lèvent chacun leur tour pour prêter serment. Y compris «celle qui a l'avantage d'être connue de ceux qu'elle ne connaît pas». Rachida Dati lève la main droite. Crépitement des flashs. «Je le jure.» Quelques prestations de serment plus tard, la cérémonie se termine. Et Me Dati retire sa robe de justice. Une jeune magistrate, debout dans la foule, pousse un cri d'indignation. «Mais c'est pas vrai! Elle retire sa robe dans la salle d'audience! ça ne se fait absolument pas. C'est vraiment une bécasse!»