RER A: la ligne rame, mais les usagers sont zen

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Publié le 16 février 2010.

REPORTAGE - «20 Minutes» est allé à la rencontre des usagers des RER...

Le RER A, ligne de tous les dangers. Avec près d'un million de passagers par jour, elle détient le record mondial du trafic sur une ligne ferroviaire souterraine. En décembre dernier, ses conducteurs se sont mis en grève pendant dix-huit jours. Sans obtenir gain de cause sur leur principale revendication: l'obtention d'une prime de pénibilité. Depuis, le trafic a repris, mais les incidents techniques et les retards se multiplient. Si bien que certains n'hésitent pas à parler de «grève du zèle».

Les voyageurs sont blasés

Du côté des usagers, les avis sont partagés. 8h30 du matin, sur le quai de la station Nation, les voyageurs ont l'air détendus. Plusieurs n'ont «rien remarqué de spécial» ces dernières semaines et trouvent même que «ça roule bien». Pourtant, jusqu'à Charles-de-Gaulle-Etoile, la rame avancera au pas et s'immobilisera en pleine voie pas moins de cinq fois. Sans explication. Quelques voyageurs montrent des signes d'agacement, mais la plupart patientent sagement. Sans doute l'habitude.

Presque personne ne blâme la RATP

Erwan a noté des retards importants depuis début janvier. «Avant, je mettais une heure pour aller de Bussy-Saint-Geor­ges à Auber, se souvient-il. Maintenant, ça me prend presque deux heures.» Les nombreuses annulations de train intriguent. «L'autre soir, vers 20 h, seul un train sur trois en direction de Marne-la-Vallée circulait, sans que l'on sache pourquoi», rappelle Géraldine. Mais presque personne ne blâme la RATP. «Il y a souvent des incidents techniques à cause de la météo. Les autres désagréments sont dus à la saturation de la ligne, les conducteurs n'y sont pour rien», avance Nicolas.

Contre mauvaise fortune bon cœur

Alors les voyageurs font contre mauvaise fortune bon cœur. Antoine, lassé des retards à répétition, tente d'emprunter d'autres lignes pour se rendre à son travail, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). Mylène a aménagé ses horaires pour éviter les heures de pointe. «Les problèmes sont beaucoup plus nombreux avant 9h, alors je pars un peu plus tard pour voyager tranquille.»

Selon les voyageurs, c'est le tronçon Nation-La Défense qui connaît le plus de ralentissements. «La situation est calamiteuse depuis le début de l'année, reconnaît Stéphane. Je dois compter quinze minutes de plus qu'en temps normal pour me rendre au travail. Mais avec un train toutes les deux minutes, je trouve que c'est déjà un miracle que ça fonctionne aussi bien.»

Hélène Colau
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