«Je suis parfaitement content de la situation actuelle du RER en Ile-de-France. Depuis que je ne le prends plus, j'ai gagné en qualité de vie», écrivait il y a quelques jours, non sans cynisme, un internaute de 20minutes.fr. Depuis le début de l'année, les usagers du réseau express régional (RER) manifestent un mécontentement croissant à l'encontre du service qui leur est fourni.
Grève larvée, notamment sur le RER A, après celle, avortée, de décembre? Matériel roulant défectueux? La faute aux intempéries? Les habitués des lignes franciliennes dénoncent des retards à répétition, des trains annulés, des incidents de toute sorte.
La météo a eu un impact
A la RATP, on assure ne «pas avoir constaté de grève du zèle sur le terrain. Il y a effectivement des difficultés sur le RER A, qui ont plusieurs causes : en janvier, la météo a eu un impact direct sur le matériel, les aiguillages et les fermetures de portes.
De plus, lors de grands froids, on assiste à des reports d'usagers vers les transports en commun, car les conditions de circulation sont difficiles pour les véhicules. Sur le RER A, on a eu plus d'un million de voyageurs par jour en janvier, alors que généralement, ça varie. C'est autant d'incidents potentiels supplémentaires, de personnes malades, etc.».
«Amélioration nette sur le RER D»
Sur le RER B, ce sont des actes de malveillance récurrents sur le tronçon nord de la ligne qui seraient à l'origine des retards. Jean-Paul Huchon, président (PS) de la région, mais aussi du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), estime de son côté qu' «il y a une amélioration nette sur le RER D, un peu sur le C, mais pas sur le B, qui paye la mise en place récente de l'interopérabilité [changement des conducteurs RATP et SNCF à la gare du Nord], qui n'est pas encore au point.»
Sur le dossier du RER A, il estime que le RATP n'a pas su trouver de solution amiable avec les conducteurs, qui appliquent désormais les procédures à la lettre. «Il y a un zèle actif qui fait que certaines choses ne vont plus aussi vite qu'avant», assure Jean-Paul Huchon. Les syndicats confirment: «Avant, on écourtait une pause pour rattraper du retard. Maintenant, c'est fini.»