TRANSPORTS - Pour la direction de la RATP, il n'y a pas de «grève du zèle» des conducteurs mais une ligne vieille et surchargée...
Depuis le début de l’année 2010, ça roule mal en Ile-de-France et les passagers sont exaspérés. Les lecteurs de
20 Minutes et 20minutes.fr ont
souligné les nombreux retards sur les lignes du RER, et particulièrement la A.
Yves Boutry, vice-président de l’
Association des usagers des transports (AUT) confirme à 20minutes.fr: «Effectivement, la ligne fonctionne mal. Le mois de janvier notamment a été catastrophique, pannes de signalisation et problèmes techniques se sont multipliés.» De son côté, la RATP a aussi noté «une recrudescence des incidents techniques, et quelques incidents voyageur qui ont perturbé le trafic».
Pas de «grève du zèle»
En réponse aux internautes qui s’interrogent sur l’implication des conducteurs, la direction de l’entreprise assure n’avoir «aucune information concernant une possible "grève du zèle"».
Certes! Mais, pour Yves Boutry, ces retards ne sont pas que liés à «une recrudescence des incidents techniques (...) et voyageurs», selon les termes de la RATP. Depuis la grève de décembre, estime-t-il, «les conducteurs ne font pas d’effort particulier pour que la circulation soit optimale. Ce n’est pas une volonté délibérée de nuire, il est logique qu’ils soient déçus de ne pas avoir obtenu ce qu’ils voulaient.»
Il souligne cependant que seule une petite partie de la régularité du service dépend des conducteurs, la plus grosse étant liée à la maintenance et à l’entretien du matériel.
Des solutions «pas mises en œuvre demain»
Eric Nabet, secrétaire général de la CGT métro – RER, abonde dans ce sens: «Lors du conflit de décembre, on a dénigré les difficultés que rencontrent quotidiennement les conducteurs dans l’exercice de leur métier, mais elles sont bien réelles: la ligne est surchargée, le matériel et les infrastructures sont soumis à rude épreuve.» Egalement contactés par 20minutes.fr, l’Unsa et Sud n’ont pas répondu.
Et de préciser que, si «des solutions avec des effets bénéfiques réels vont être trouvées par la direction, en concertation avec les salariés», comme l’ajout d’effectifs supplémentaires pour rattraper les retards lors des «retournements» (le conducteur remonte le quai pour repartir dans le sens inverse, ndr) par exemple, «elles ne pourront pas être mises en œuvre demain». En attendant les usagers n’ont qu’à prendre leur mal en patience.
Bérénice Dubuc