Transport à Paris: Cécile Duflot prône «le ticket à un euro»

INTERVIEW Cécile Duflot, tête de liste Europe Ecologie en Ile-de-France pour les élections régionales de mars, présente le volet transport de son programme en exclusivité dans 20 Minutes...

Propos recueillis par Alexandre Sulzer

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Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts le 29 janvier 2010 à Lens.

Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts le 29 janvier 2010 à Lens. — TWITTER.COM

Votre mesure phare pour les transports est la tarification unique du pass Navigo à 65 euros quelle que soit la zone. Comment avez-vous fixé ce prix ?
C’est d’abord un seuil acceptable pour ceux qui verront leur abonnement croître. Mais c’est aussi une vraie augmentation du service. Ceux qui ont aujourd’hui deux zones auront accès à l’ensemble de l’Ile-de-France. C’est finançable : le coût, qui a été débattu, serait de 150 millions d’euros. Sur un budget régional de 4,5 milliards, c’est raisonnable. Et puis, il y aura davantage de Franciliens qui utiliseront ce «Pass vert». C’est comme ça qu’on va l’appeler. Un clin d’oeil à la Carte orange.

Offrira-t-il d’autres services?
Ce sera un passe à la mobilité qui permettra d’utiliser le vélo-partage, l’autopartage, des services de transport à la demande ou le taxi. Un peu sur le principe du porte-monnaie électronique Moneo. Il faut mutualiser ce qui existe en lien avec des opérateurs privés ou coopératifs. En ce qui concerne les taxis, on peut imaginer des systèmes d’abonnement.

Qu’en est-il du ticket à l’unité?
On défend le ticket H, un ticket sur une durée pendant laquelle on peut emprunter l’ensemble des moyens de transport. Ce temps dépendra du lieu d’achat. Car, en grande couronne, il faut plus de temps pour parvenir à Paris et prendre ensuite un bus. Je propose également le ticket à 1 euro, le soir après 20h et le week-end, sur l’ensemble de l’Ile-de-France. Cela profitera aux usagers occasionnels ou aux familles. Pour elles, je propose également la gratuité pour les moins de 6 ans, contre 4 aujourd’hui.

Ça coûtera combien?
Ce n’est pas chiffrable: je suis certaine que, avec cette mesure, plus de monde prendra les transports en commun.

Vous voulez réduire le temps de transport quotidien. Comment comptez-vous faire?
D’abord, faciliter les trajets qui ne passent pas par le centre de Paris. On propose soixante nouvelles lignes de bus express qui relieraient les réseaux de transports existants, notamment les lignes RER radiales. Deuxièmement, le cadencement [des horaires de transports réguliers] partout où c’est possible, trains comme bus. Réduire le temps de parcours ne se résume pas qu’à des mesures de transports. Nous proposons la création de 300 télécentres qui permettent de télétravailler à proximité de son domicile. L’avantage ainsi, c’est que vous n’êtes pas obligé de jeter le bébé encore endormi à 6h15 chez la nounou pour avoir le RER de 7h12. La région les impulserait en partenariat avec les entreprises et un certain nombre de services publics. Ça peut être très rentable pour un certain nombre de PME.

Etes-vous favorable à la vidéosurveillance dans les transports publics?
Plutôt non. En moyenne, l’installation et la gestion d’une caméra coûtent 65.000 euros. Or, on n’a jamais vu une caméra vidéo arrêter qui que ce soit. Le ratio efficacité-dépenses n’est pas très bon. Certes, dans certains cas, dans certaines zones, ça peut être utile. A condition qu’il y ait, à proximité, des humains qui soient en capacité d’intervenir. Nous proposons 3.000 médiateurs payés par la région et répartis à parts égales dans les transports, les lycées et les bases de loisirs.

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