C'est un peu la campagne dans la campagne. Anne Hidalgo, tête de liste socialiste à Paris en vue des régionales de mars, a lancé, hier dans le 19e, sa croisade départementale. La course au strapotin régional a surtout valeur, pour la première adjointe au maire de Paris, d'échauffement pour les municipales de 2014. Car c'est à elle que le maire de Paris entend passer le relais. Le ton, hier, était donc plutôt celui d'une municipale. Avec, en invités remarqués, Bertrand Delanoë, bien qu'il ne soit pas candidat, ainsi qu'une ribambelle de people : le chanteur Alain Chamfort, le journaliste Alexandre Adler, l'architecte Roland Castro, le directeur du théâtre du Rond-Point, Jean-Michel Ribes, ou encore la réalisatrice Yamina Benguigui.
« L'état d'esprit de cette campagne me fait penser aux municipales, a lancé, comme un aveu, Bertrand Delanoë. Pour les Parisiens, depuis neuf ans, nous formons une équipe », a-t-il insisté, tout en faisant état de son bilan. « On va énormément solliciter Delanoë pendant la campagne », glisse un conseiller socialiste. Car, face aux rivaux Verts, l'actuel édile apparaît comme un ultime rempart. Le PS, traumatisé par ses résultats catastrophiques à Paris aux européennes - notamment face à Europe Ecologie -, n'a pas oublié le très bon score réalisé par le maire de Paris dès le premier tour des municipales de 2008. « Si on est devant les Verts à Paris, on est devant les Verts dans l'ensemble des départements », pronostique-t-on, Rue de Solférino. D'où les piques du maire sur ses alliés écolos : « Je ne veux pas ne pas continuer à travailler avec eux. Mais j'ai le droit de dire que j'ai une petite différence, c'est amical. [Dans la majorité municipale], je fédère ces grands talents, Jean-Paul Huchon [le président de région] fait pareil. » Delanoë se pose en vrai modèle pour les socialistes. W