Avec cinq nominations à cette fonction, la dernière à Bordeaux, il est le plus ancien recteur de France. Mais ça ne l'empêche pas de vouloir poursuivre les innovations à Créteil (Val-de-Marne). William Marois, 53 ans, a effectué hier sa première sortie depuis qu'il a pris la tête de la deuxième académie de France, lundi dernier. Il remplace Jean-Michel Blanquer, nommé à la Direction générale de l'enseignement scolaire pendant les vacances. La relève ne sera pas facile à assurer : sous l'ère Blanquer, le rectorat de Créteil s'est fait remarquer par ses expérimentations audacieuses. Ce dernier avait recruté, en septembre 2009, cinq « équipes mobiles de sécurité » pour assister les chefs d'établissement. Puis il a décidé de tester une « cagnotte » - très controversée - destinée à récompenser l'assiduité des élèves.
Sur ce genre d'initiatives, William Marois reste prudent. « Je respecte le travail qui a été fait, assure-t-il. Sur cette cagnotte, un processus d'évaluation est en cours. Nous prendrons ensuite la décision de continuer ou pas. » Son cheval de bataille, c'est l'enseignement professionnel. « Ces lycées ne doivent laisser personne au bord du chemin, rappelle-t-il. Je veux que l'académie continue à innover, pour l'insertion professionnelle des élèves. » Dans ses précédentes fonctions, William Marois s'est en effet forgé la réputation d'un recteur « de terrain », qui va à la rencontre des élèves les moins favorisés. A Créteil, il compte visiter des établissements pour y pêcher de bonnes idées. Puis communiquer auprès des jeunes et de leurs familles sur les métiers enseignés dans les filières pros. « A Bordeaux, nous avions mis en place une Semaine de découverte de l'enseignement professionnel. J'aimerais renouveler l'expérience ici. » W