Il avait prévenu : « Je n'ai pas l'intention de faire des forums où les gens peuvent se libérer. » C'est pourtant ce qui s'est produit hier soir à la mairie du 16e arrondissement, où le maire (UMP), Claude Goasguen, organisait un débat public sur l'identité nationale. Immigration, pratique religieuse et délinquance y ont été évoquées... et amalgamées.
Devant un public aux tempes grisonnantes, l'édile centre immédiatement le débat : « Le sujet essentiel, c'est le problème de la diversité. » Et surtout de la place de l'islam en France. « Il n'y a pas que ça comme problème mais pas de langue de bois... La diversité ne peut être un aménagement des lois de la République. On ne lésine pas avec l'ordre public », poursuit l'élu qui prend soin de préciser que « ce n'est pas parce que les gens sont musulmans qu'ils sont plus ou moins voyous ».
Un ancien de la guerre d'Algérie prend la parole : « Un casier judiciaire vierge devrait être une condition pour la légalisation des sans-papiers. » Claude Goasguen reprend le micro : « Les premières générations d'immigrés respectaient les règles républicaines. Progressivement, les deuxième et troisième générations ne se sont pas intégrées. » Il faudrait, selon lui, des « contrats » entre Etat et communauté musulmane pour régler « les questions de burqa, de minaret », notamment dans les villes « bientôt majoritairement musulmanes » comme Marseille ou Roubaix.
Un autre homme intervient : « Ces gens-là sont autant attachés à l'islam que nous à la République. Leurs règles violent les nôtres ! » Applaudissements. Le maire tempère, mais reconnaît que « dans les banlieues, ils ne connaissent pas la loi républicaine ». Un Français d'origine ivoirienne regrette ne pas se reconnaître dans les manuels d'histoire de son fils. Un homme s'enflamme : « Je suis français de souche et je ne comprends pas qu'un naturalisé vienne m'expliquer ce qu'est mon identité ! » Une femme intervient : « Le 16e sud se dégrade, j'ai été victime d'une agression sexuelle commise par un Portugais et je ne suis pas raciste... » Le débat est vif. Un homme conclut : « J'étais pour ce questionnement sur l'identité nationale. Mais il est impossible de poser le débat de manière sereine. Tout se réduit à la présence des musulmans... » W