La grève des agents de conduite du RER A, qui entre dans sa deuxième semaine, est-elle abusive ? Oui, selon Le Figaro d'hier, qui pointe du doigt les « conditions de travail, le salaire comme les volumes horaires » avantageux. 20 Minutes est allé vérifier. Une journée de travail dure entre 6 h et 6 h 30. Durant cette période, un agent conduit une rame avec des voyageurs durant 3 h en moyenne. Le reste du temps est consacré au dégarage des rames, aux essais techniques, aux formations... Cela se fait « sans pause », affirment les syndicats. « Enfin, entre les tâches, ils peuvent fumer une cigarette ou aller aux toilettes », glisse la direction.
Le salaire en début de carrière est bien de 2 200 euros brut auxquels s'ajoute une prime d'environ 650 euros. Mais un début de carrière sur un RER correspond à au moins dix ans de service dans le métro, un passage obligé avant d'intégrer la ligne A ou B. « En fin de carrière, le net à payer est de 2 650 euros net primes comprises », se défendent les syndicats. « Nous revendiquons une revalorisation de notre prime qualification/pénibilité car, en dix ans, le trafic s'est densifié et il y a plus de voyageurs », explique un syndicaliste CGT. Avec quelles conséquences ? Aucune hausse du temps de travail. « Mais les trains sont rapprochés, il faut maîtriser les systèmes de signalisation. Cela demande plus d'attention, on n'est pas en pilotage automatique », répond la CGT, qui précise que la prime n'a « pas été réévaluée depuis deux ans ». « L'augmentation de la prime se fait à chaque augmentation de la valeur du point, la dernière a eu lieu en novembre », répond la direction. W