Une création jugée efficace, mais qui manque encore de moyens. C'est en substance le constat à tirer de la police d'agglomération, trois mois après sa mise en application à la mi-septembre (lire encadré). « On a développé les services d'investigation dans les territoires qui en avaient besoin. On va laisser passer les fêtes pour ensuite déployer au mieux nos stratégies », expliquait hier à 20 Minutes Alain Gardère, le directeur de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP).
Ce « Grand Paris » de la sécurité, voulu par Nicolas Sarkozy, doit lutter plus efficacement contre la petite et moyenne délinquance. Depuis trois mois, les efforts se sont concentrés sur la gare de Saint-Denis, le nord des Hauts-de-Seine, et certaines villes comme Sevran, Saint-Ouen, Epinay ou Villetaneuse. Ainsi que sur les transports de surface, avec la création d'une unité dédiée aux bus en Seine-Saint-Denis et dans les Hauts-de-Seine. « Nous avons rencontré le préfet vendredi. Il nous a promis une vigilance toute particulière et des moyens pour notre ville », annonce Frédéric Hardy, chef de cabinet à la mairie de Stains (Seine-Saint-Denis). « Il nous faut surtout davantage de policiers d'investigation », ajoute-t-il. Depuis 2002, le commissariat de la ville a perdu vingt fonctionnaires.
Les syndicats, eux, reconnaissent qu'il est encore « un peu trop tôt pour tirer un bilan, explique-t-on à Alliance. On manque encore de moyens, notamment à la Direction de l'ordre public et de la circulation [DOPC] ».
Entre Paris et la petite couronne, il y a toujours trop d'écarts. Par exemple, les collègues du 93 ne sont pas reliés aux fréquences radio parisiennes », regrette Thierry Mazé, du syndicat des gardiens de la paix.
Pour redéployer efficacement les effectifs, un audit interne à la préfecture de police étudie depuis trois mois la répartition des policiers à Paris et en petite couronne. Les résultats devraient être connus début janvier. W