Une femme tuée par un car de police: la conductrice en garde à vue

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Publié le 10 décembre 2009.

ACCIDENT - Le véhicule aurait brûlé un feu rouge, les policiers parlent de défaillance des freins mais la polémique est lancée...

Drame sur la route. Une femme de 53 ans a été tuée jeudi matin à Paris (4e) après avoir été renversée par un car de police alors qu'elle se trouvait sur un passage protégé, a indiqué le préfecture de police de Paris à l'AFP. La victime est décédée sur place des suites de ses blessures vers 9h en dépit des soins aussitôt prodigués. il s'agirait d'une greffière du tribunal de police.

La conductrice du véhicule a été placée en garde à vue peu avant midi, selon des sources judiciaire et policière. «C'est le déroulement et le cadre normal de l'enquête», a précisé la source policière à l'AFP, ajoutant qu'elle était «accablée».

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Selon les premiers éléments de l'enquête, le car quittait les urgence médicales judiciaires (UMJ) de l'hôpital de l'Hôtel-Dieu vers 8h30, juste devant la préfecture de police, lorsqu'il a renversé cette femme traversait la chaussée alors qu'un feu était au rouge. Le car a été immobilisé, environ 30 mètres après le feu de signalisation, selon notre journaliste sur place. Sous les roues avant du véhicule, l'emplacement du corps, qui a été traîné sur la distance selon les témoins, a été marqué.

Le pont Notre-Dame ainsi que la rue de la cité ont été bloqué à la circulation, selon notre journaliste sur place. La femme policier qui conduisait le véhicule et ses 3 collègues présents à bord, très choqués, vont être entendus par l'Inspection générale des services (IGS, la «police des polices»). Ils appartiennent au commissariat du 17e arrondissement de Paris, et ont été pris en charge par une cellule psychologique.

Polémique

Au moment de l'accident, les quatre fonctionnaires de police raccompagnaient un gardé à vue au commissariat du 16e après son passage aux urgences. Le corps de la victime est toujours sur place, dans un autre camion de police, et va être emporté pour une autopsie.

Sur place, les témoins notent qu'entre le tribunal, la préfecture et le 36 quai des orfèvres, beaucoup de véhicules de police circulent dans le secteur. «Ils font la morale aux gens sur la vitesse, mais eux ils sont pires», lâche un passant.

«Trop c'est trop! Il faudra que toute la lumière soit faite sur cet événement extrêmement grave. Les règles de sécurité routière s'appliquent à tous, a fortiori à ceux qui sont chargés de les faire respecter», a renchéri déclaré Ian Brossat, président du groupe communiste au Conseil de Paris, dans un communiqué dénonçant une tendance du gouvernement «à décomplexer les forces de police».

«Les freins n'ont pas répondu»

Selon plusieurs témoins, le car aurait «brûlé» ce feu, le chauffeur ayant indiqué pour sa part que «les freins n'ont pas répondu». «La fonctionnaire qui conduisait a crié "les freins, lesfreins"», a déclaré pour sa part Thierry Mazé, du syndicat de police Alliance à 20minutes.fr. Selon les premiers éléments de l'enquête, elle aurait voulu marquer l'arrêt mais ce qui semble être une défaillance technique l'en aurait empêché.

Le service central des accidents (SCA) de la PP et l'Inspection générale des services (IGS, la «police des polices») ont été saisis de l'enquête. Pour les besoins de l'enquête, le véhicule «a été saisi» et emporté afin d'être examiné et déterminer notamment s'il y a eu, ou non, une défaillance.
J. M. avec C. C. sur place
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